Après les moustiquaires, les répulsifs et le premier vaccin à l'efficacité relative, le prochain moyen de lutter contre la maladie pourrait être un savon.

Demain, un savon anti-palud
Demain, un savon anti-palud © Maxppp / Vera Atchou

Le paludisme fait une victime toutes les 30" et 3 fois sur 4 c'est un enfant de moins de 5 ans. Pour lutter contre le fléau, il existe les moustiquaires, les répulsifs, et un premier vaccin mais à l'efficacité modeste. Voici donc une alternative qui pourrait s'avérer simple et bon marché, sans changer aucune habitude: un savon antipaludéen.

Né au Burkina-Faso

Cette idée modeste et géniale est né dans la tête de deux étudiants ingénieurs du Burkina Faso il y a 3 ans. Dans le cadre de leurs études, ils ont fait un projet d'école, ont concouru ça et là et ont terminé premier de la "Global Social Venture Competition" à Berkeley. C'était, de toute l'histoire de ce concours, les premiers vainqueurs non américains, qui plus est africains. Mais du rêve à la réalité, les étapes sont longues et actuellement c'est un chimiste burundais et un entrepreneur français qui ont pris le relais du projet étudiant. Ils sont à la manœuvre pour essayer de transformer l'essai et de sauver "100 000 vies".

Car leur ambition n'est pas tant commerciale que sanitaire: mettre au point un produit peu cher, accessible à tous, qu'on trouverait sur tous les marchés africains. En bref, ne pas changer les habitudes et faire d'un produit d'hygiène courant, un répulsif efficace pendant 6 heures.

Différent des savons existants

Car des savons qui prétendre vous protéger des moustiques, cela existe. Oui, mais leur effet ne dure que moins d'une heure. Mettre au point un savon dont le principe actif survit au rinçage, est libéré sur la durée et s'adapte à toutes les peaux même celle des petits de moins de 5 ans, c'est une gageure. Mais la recherche avance et le projet 100 000 vies espère avoir son prototype d'ici 2 mois et les premiers savons commercialisés l'an prochain.

Sur la base des articles scientifique déjà publiés, Franck Langevin et Gérard Niyondiko ont retenu une poignée d'huiles essentielles issues de plantes naturelles. Ils ont éliminé celles qui n'auraient pas passé les normes européennes des produits cosmétiques - leur référence - et avec la dizaine restante, ils ont fait des mélanges puis 140 tests sur des volontaires qui ont accepté de donner leur bras à des femelles moustiques voraces.... Résultat, ils ont désormais en main la bonne recette : un cocktail efficace pendant 6 heures. Cela permettra d'être protégé de la tombée de la nuit à 1 heure du matin, quand les insectes piquent le plus. Statistiquement, en réduisant de 50% le risque d'être piqué par la femelle anophèle, on atteint l'objectif des 100 000 vies sauvées .

Ce principe actif, il faut ensuite l'incorporer au savon. c'est l'étape en cours de finalisation. Il faut encapsuler les micro gouttes d'huiles essentielles, faire en sorte qu'elles collent à la peau (avec un peu de tensio-actif, c'est à voir) et libèrent l'anti moustique au fil du temps.

L'idée des entrepreneurs, c'est de produire en Afrique les plantes nécessaires à ce savon anti palu, d'obtenir ensuite une certification de l'Organisation mondiale de la Santé , d'utiliser enfin les circuits locaux déjà existants pour que la savonnette se répande sur tous les marchés du continent africain. Faire un produit de santé publique qui entre dans l'hygiène quotidienne .

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