Le stockage de chaleur pour valoriser l'énergie perdue : une solution d'avenir, préconisée par Bertrand Piccard lui même.

Quel meilleur ambassadeur que l'aviateur militant des solutions innovantes en terme d'économie d'énergie. Il a fait une démonstration éclatante avec l'avion solaire... Désormais , il parcourt le monde pour promouvoir à travers l'initiative l'Alliance pour les technologies propres toutes les idées intéressantes. Et celle d'Antoine Meffre, créateur de l'entreprise Ecotech ceram en fait partie. Le principe est de réutiliser la chaleur des fours d'usine, évacuée généralement par des cheminées et donc perdue pour l'emmagasiner et ensuite la redistribuer. Un circuit fermé, vertueux, au coeur de la Loi sur la transition énergétique de 2015. L'objectif est de baisser de 50% notre consommation d'ici 2050, notamment par l'efficacité énergétique.

Déjà trois prototypes testés

De l'idée de laboratoire à l'installation de la première unité, l'essentiel du chemin a déjà été parcouru par Ecotech Ceram. Trois prototypes ont été testés pour des fumées allant de 250 et 900 degrés. La chaleur récupérée (celle des torchères qu'on voit sur les sites pétrochimiques ou celles des aciéries) , est envoyée vers un conteneur. Ce conteneur type maritime est rempli avec 20 tonnes de briques réfractaires en céramique, elles-mêmes issues de matériaux recyclés. Les briques en captant la chaleur vont se charger, un peu comme une pile puis la restituer... Soit directement en chaleur, soit en courant, en vapeur ou même en froid. C'est d'ailleurs pour refroidir un entrepôt de fruits et légumes que la toute première installation sera implantée l'an prochain près de Perpignan en Occitanie, région qui a soutenu depuis le début ce projet innovant.

Adapté à l'industrie lourde

Avec cette technologie et 1 conteneur, il est possible de valoriser 10% de l'énergie gaspillée, avec 2 conteneurs 20%. Parmi les industries potentiellement intéressées, celles qui utilisent des fours pour fabriquer leur produite: la sidérurgie, les industriels du verre, de la céramique, les fonderies, les cimenteries .

Le secteur des énergies renouvelables est une autre cible. Face au défi du stockage de l'énergie, il faut parvenir à lisser la production et la consommation. Faire en sorte que les sources intermittentes type solaire ou éolien puissent compléter intelligemment le parc nucléaire ou l'hydroélectrique. Toute la problématique est là: économiser l'énergie en maîtrisant le mieux possible son stockage et sa distribution. L’intérêt de l'innovation ECOSTOCK c'est aussi de limiter les pertes lors du transport. Le conteneur perd peu. Surtout ,il est mobile. Posé sur une remorque, on peut le déplacer et le raccorder là où sont les besoins. Enfin, plus le nombre de charges/décharges est important, moins le prix du kilowatt/heure produit est cher.

Outil de la transition énergétique

C'est un complément de notre réseau national basé en grande partie sur le parc nucléaire. Désormais vont se multiplier les sources locales de production. Chez l'habitant, sur un site industriel. L'idéal serait de ne pas avoir à transporter l'énergie sur de trop longues distances pour éviter les déperditions. Produire localement, consommer localement . On gagne en efficacité énergétique. C'est d'ailleurs avec le principe du mix que les producteurs d'énergie vont pouvoir jouer sur le marché énergétique et garantir le meilleur tarif. Plus que les industriels à qui il est difficile de demander de revoir leur système d'alimentation en énergie, ce sont eux qui feront les investissements pour tirer profit de ces innovations technologiques. Selon Stanislas Dupré, plutôt que de confier à sa banque son argent, mieux vaut investir dans le secteur énergétique durable. On améliorer notre bilan carbone.

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