L'or sous cette forme particulaire est invisible à l’œil nu. A l'échelle du nanomètre, un milliardième de mètre, le métal a des propriétés étonnantes qui fascinent les chercheurs. En santé, les possibilités semblent prometteuses.

A l'échelle nanométrique, l'or révèle des propriétés fort différentes de celle de l'or massif. A commencer par sa capacité à absorber la lumière, ce qui se traduit par sa couleur.  L'or à l'échelle du nanomètre n'est pas jaune mais rouge rubis, bleu parfois violet.

Une autre de ses propriétés change: il devient actif catalytiquement c'est à dire qu'il va rendre possible des réactions chimiques difficiles à réaliser comme l'oxydation du monoxyde de carbone pour en faire du CO2, non toxique. Tout à fait intéressant pour les chimistes. Comme ses propriétés électroniques inexistantes dans l'or massif et qui apparaissent dans l'infiniment petit .

Des nanoparticules de toutes les formes, de toutes les tailles

Désormais les chimistes savent synthétiser selon leurs besoins et leurs désirs ces nanoparticules. "On sait désormais maîtriser la taille  de 5 à 100 nanomètres et la forme " explique Olivier  Pluchery chercheur à l'institut des nanosciences de Paris. Il dirige le groupement CNRS "Or Nano" qui regroupe 500 spécialistes du sujet. "On peut faire des sphères, des bâtonnets, des ellipses, des nanocubes, des coeurs-coquilles c'est à dire un coeur d'or et une coquille de silice" ajoute t-il.

Les applications en médecine sont prometteuses. En particulier en cancérologie selon Magali Gary-Bobo, de l'Institut des biomolécules Max Mousseron à Montpellier.  On insère des nanoparticules d'or  dans d'autres nanoparticules ayant une efficacité thérapeutique avérée afin qu'elles en exaltent l'efficacité  en imagerie et en thérapie" détaille la chercheuse du CNRS. Suivant qu'on dirige un laser ou des rayons X sur l'or nanoparticulaire, il va devenir fluorescent, permettant de voir en imagerie la tumeur que l'on cible  ou bien libérer des molécules toxiques qui vont détruire les cellules cancéreuses. L'or joue alors le rôle d'amplificateur. 

Biocompatible

L'équipe de Magali Gary-Bobo travaille avec des particules d'or de 150 nanomètres. Une taille très précise qui vise à permettre le cheminement dans le sang et l'entrée dans les vaisseaux qui alimentent les tumeurs.  Une fois piégé à l'intérieur, la nanoparticule ne peut ressortir et son effet est circonscrit. C'est pour cette raison que les essais montrent une efficacité et une précision inégalée. Sur des cultures de cellules, les effets sont spectaculaires. 

De plus, parce qu'il est biocompatible et qu'il n'a pas montré, même à l'échelle nano, de toxicité pour l'organisme, l'or s'avère très prometteur dans les nouvelles thérapies.  A terme, ces nanoparticules aux super pouvoirs pourraient donc entrer  dans l'arsenal thérapeutique.  

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