Il y a trois jours, depuis l'espace, Thomas Pesquet a pu se faire examiner par un médecin resté à Toulouse.

échographe
échographe © Getty / REB Images

Carotide, thyroïde, jugulaire.. l'astronaute n'a pas de problème de santé. Mais pour valider ce nouvel outil de télémédecine, dans la station, il a joué les cobayes. Entre l'espace et la terre, cette série d'échographies d'organes à distance n'a posé aucune difficulté.

Pourtant Thomas Pesquet n'est pas médecin et ne connait pas forcément son anatomie sur le bout des doigts. Peu importe, le médecin Philippe Arbeille se trouvait à Toulouse , au Medes, l'institut de medecine et de physiologie spatiale. A distance, en commandant par un joystick l'échographe spatial, il a pu corriger le positionnement approximatif de la sonde. Car la tête de l'appareil est motorisée, et le médecin peut donc ajuster sa position à distance. Les images étaient envoyées en direct par liaison satellite classique mais sécurisée.

La médecine spatiale, pionnière

Parce qu'il est rare que les astronautes soient aussi médecins... Mais qu'ils sont pourtant susceptibles comme tout humain d'avoir des soucis de santé (au même titre que les navigateurs en plein océan), la télémédecine a cherché des solutions. Des outils ont donc au départ été développés pour les missions spatiales. Ensuite on s'est aperçu qu'ils pourraient être utilisés dans d'autres contextes. Et aujourd'hui, avec la multiplication des déserts médicaux, avec le souhait de voir les personnes âgées rester chez elles le plus longtemps possible, on mesure tout l’intérêt de ces innovations.

Utile pour les déserts médicaux

La télé échographie pourrait être généralisée sur Terre comme l'a démontré le test grandeur nature mené l'an passé entre l’hôpital de Tours et les patients de la maison de santé de Richelieu à 60 km de là. Les 2 médecins généralistes ont réalisé 260 télé- échographies avec le matériel de l'espace. Ils étaient en liaison directe avec les échographes de l’hôpital de Tours qui les guidaient dans leurs gestes et interprétaient les images.

Bilan: aucune erreur de diagnostic, des déplacements évités pour les malades, pas de délai d'attente. Est-ce que cela permettrait même de dépister précocement un problème et donc de mieux soigner ? Est-ce que cela ferait faire des économies à la collectivité ? Ces questions, personne n'a pas réponse. Car en dépit des déclarations officielles, et de l'intérêt de ces innovations, ni le ministère de la santé, ni la caisse nationale d'assurance maladie n'ont pris le temps d'évaluer le dossier. Or il faut mesurer le bénéfice/coût et tarifer l'acte avant de le généraliser. Un département échappe au dédain: la Guyane. L'isolement de la forêt amazonienne et de ses habitants y est évidemment pour quelque chose.

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