Un jeune architecte passé par le MIT, le Massachussets Institute of Technology veut bâtir des gratte-ciels en bois.

Rondin de bois
Rondin de bois © Getty / Kester Ching Min Chan / EyeEm

Et pas en simple bois, en bois imputrescible et translucide ! C'est l'idée audacieuse et élégante qu'a eue Timothée Boitouzet, formé en France, au Japon et aux Etats Unis à Harvard. Soucieux de construire en limitant l'impact écologique, il a choisi le bois. Matériau plein d'avantages mais aussi de contraintes. Dont celle de la hauteur. Vous avez remarquez qu'il n'existe pas de tour en bois. Et dans le projet dont vous venez de parler, la plus haute des 36 tours prévues ne fera 16 étages. Timothée Boitouzet vise le double !

Si vous observez du bois au microscope, vous découvrirez notamment la cellulose et la lignine dont il est fait. La lignine donne sa rigidité au bois.

Avec une démarche d'architecte, Timothée Boitouzet a commencé à découper le bois en fine lames de 5 mm à 1 cm d'épaisseur. Ensuite, au MIT, avec l'aide de chercheurs en chimie organique et en biologie moléculaire, il poursuit l'exploration de la matière. Il ôte la lignine qui rend le bois opaque et comble le vide obtenu avec un monomère : un plastique bio-sourcé.

C'est ainsi que le bois laisse alors passer la lumière. Ce nouveau matériau est aussi trois fois plus rigide et après un passage à l'autoclave, il est imputrescible ...

Le procédé est désormais breveté donc secret, mais plusieurs centaines d'industriels ont déjà contacté le jeune homme élu au printemps dernier jeune entrepreneur de l'année par le MIT Technology Review.

Théoriquement toutes les essences sont transformables. Mais comme Timothée Boitouzet se préoccupe de l'environnement, son idée est d'aller chercher le bois non exploité actuellement. En France, deuxième puissance européenne en terme de volume de bois sur pied, seuls 12% des arbres sont utilisés pour la construction et 38% en bois de chauffage. Pour la jeune pousse récemment créée, les 50% inexploités sont donc un gisement énorme. La lignine extraite pourrait aussi être transformée par la méthanisation en énergie verte, créant un cercle vertueux d'économie circulaire.

Dans un premier temps, puisque le bois bionique n'a été validé qu'en petite épaisseur, les usages seront orientés vers un marché à haute valeur ajoutée et de petits volumes. En clair des montures de lunettes, des skis, des intérieurs de bateaux ou d'avion, du mobilier design de luxe. Des produits où les contraintes réglementaires sont limitées.

Dans un second temps, Woodoo, la société du français Timothée Boitouzet, passera aux planchers et toitures.

Enfin l’objectif final : construire des immeubles. Car selon le jeune entrepreneur, si on veut loger 9 milliards de terriens en 2050 dont les prévisions disent qu'ils seront à 70% en ville, il faut construire en hauteur et durable.

En bilan carbone, le bois se défend.

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