Demain, nos logements seront connectés. Electroménager communicants, alertes sanitaires ou énergétiques... Quels usages en ferons-nous? Faut-il accepter le frigo qui parle et la porte qui s'ouvre toute seule? Pour le savoir , un "appartement observatoire" sera inauguré la semaine prochaine à Montpellier.

Le projet HUT pour "Human at home" va durer 3 ans.   Deux étudiants vont habiter cet appartement bardé de capteur et financé par 17 laboratoires du CNRS, les universités de Montpellier, 7 industriels et la métropole Montpellier Méditerranée. L'objectif est de s'interroger sur les usages des objets connectés, de l'intelligence artificielle à la maison et sur la protection des données.  Sommes-nous prêts à accepter de parler à notre porte pour qu'elle s'ouvre ? Si on a les bras chargés de paquets , pourquoi pas en effet . Mais si quelqu'un travesti ma voix.... et entre par effraction, c'est moins sûr ? 

Scenario de science-fiction

Parmi les possibilités futures, l'électroménager communicant. Si vos ados ont terminé le lait au petit déjeuner sans le signaler, pas de panique.  Vous recevrez sur votre téléphone une alerte du réfrigérateur qui vous proposera de passer commande au supermarché du coin.  Parce que le service livraison est connecté avec votre mobile, il sera possible de recevoir la marchandise sans être présent. 

La maison connectée, c'est aussi la possibilité de contrôler la qualité de l'air intérieur, la consommation énergétique et de recevoir automatiquement des recommandations.  Aérer la maison, baisser d'un degré la température.  Des conseils de santé publique qui semblent de bon sens mais qui pourraient devenir des injonctions désagréables. Imaginez qu'une porte de placard ne s'ouvre pas parce que s'y trouve le chocolat et que vous, diabétique, avez à ce moment là, un taux de glycémie trop élevé.

Expérience unique au monde

Si cette perspective n'arrivera pas avant 10 ans, c'est déjà une préfiguration de l'appartement intelligent qu'à partir de septembre, 2 étudiants vont tester en conditions réelles . Avec 16 capteurs au m2, l'appartement permet de suivre à la trace les occupants:  leurs déplacements, leurs mouvements, leur hygiène de vie, leur consommation électrique... 60 chercheurs récolteront les données et les analyser. Des architectes, des informaticiens, des roboticiens, des linguistes, des médecins, des sociologues tous intéressés par ces usages. Aujourd'hui, aucune expérience de ce type n'a été menée dans le monde. Quant aux juristes, ils vont travailler sur la protection ds données, leur partage et leur circulation. 

Il s'agit de savoir comment on agit et réagit avec des machines qui parlent, qui proposent, qui décident, qui mouchardent aussi.   Et de dire quel logement on souhaite pour demain.  L'intelligence artificielle peut-elle nous rendre des services ou nous entraver? Ces objets connectés et communicants sont-ils utiles, souhaitables? Comment protéger nos données? Autant de questions qui ont émergé récemment à mesure que l'emprise des GAFAM* apparaissait. Les données recueillies grâce au numérique sont des mines d'or d'un point de vue économique, données que beaucoup convoitent.  Pour en tirer des publications, des profits ou des politiques publiques. 

Le projet Hut a choisi de viser des étudiants et non des personnes fragiles car plusieurs expérimentations d'appartement connecté existent déjà dans ce domaine. Cette fois-ci, le postulat est qu'une génération née avec le numérique aura une acceptabilité différente.  La pluridisciplinarité de l'approche fournira beaucoup de données pour la ville intelligente disent les porteurs du projet. Un concept dont on parle beaucoup mais qui manque jusqu'ici d'exemples concrets et discutés. 

*Google, Apple, Facebook,Amazon, Microsoft

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