Le parfum d'un shampoing, c'est l'un des deux critères qui déterminent l'achat. L'autre étant le pouvoir lavant. Que vous l'aimiez à la pomme, au chèvrefeuille ou avec des notes marines, l'odeur de votre shampoing n'est pas anodin.

L'odeur du shampoing est un argument de vente
L'odeur du shampoing est un argument de vente © Getty / PhotoAlto/John Dowland

C'est quelque chose qu'on veut de préférence agréable et qu'on associe en plus à l'hygiène. Une chevelure qui sent bon, c'est une chevelure propre. Le consommateur choisit parfois en fonction de l'idée qu'il soigne ses cheveux, avec de l'huile d'amande, du miel, du citron. Hélas, la fragrance ne dure que très peu de temps. Quelques heures, 24 au maximum. Car les molécules odorantes ne s'accrochent pas assez longtemps au cheveu. La question serait plutôt : comment faire pour résoudre cette évaporation trop rapide.

Vouloir garder le parfum, c'est d'autant plus contradictoire que le shampoing contient des ingrédients, notamment des agents tension actifs destinés justement à accrocher le gras, la poussière, les pellicules du crane pour les emporter avec l'eau de rinçage. 

Pour garder le parfum plus longtemps, des chercheurs suisses de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne spécialisés en polymères, associés à ceux de l'entreprise de parfums Firmenichont ont cherché quelles molécules avaient le pouvoir de s'accrocher plus longtemps. Des suisses et des polymères, c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux non ?

Innover c'est le nerf de la guerre chez les fabricants de cosmétiques

Y compris sur des aspects qu'on pourrait croire anodin comme le parfum. Les industriels sont aussi poussés par la réglementation qui interdit certaines molécules. Jusqu'ici, la solution trouvée, c'était de ralentir la diffusion du parfum. Pour cela, l'élément odorant était accroché à un polymère du shampoing ; les polymères ce sont de grosses molécules. Il en existe des naturels, comme le bois, et des synthétiques. Et dans les cosmétiques, il y en a beaucoup.

Pour adoucir, pour gainer le cheveu, pour le colorer. Soit les chimistes faisaient en sorte que le parfum se mette à la colle avec un polymère, soit ils encapsulait le parfum pour que sa libération soit retardés. Les chercheurs ont travaillé sur l'adhérence du parfum au cheveu puisque c'est là que le bât blesse. 

Ils ont passé en revue des tas de peptide présentant une forte affinité avec la surface du cheveu, en ont identifié quelques uns. Ensuite, ces peptides courts, imaginez les comme de petites chaines, ils les ont connecté aux polymères classiques spécial fragrance ou aux micro capsules renfermant le parfum. Cette méthode permet de déposer quatre fois plus de parfum dans la chevelure ou si on est radin, d'en utiliser quatre fois moins pour le même résultat qu'à l'heure actuelle. 

Le travail n’est pas terminé. La partie laboratoire est validée mais il reste encore toute la partie test sur une vraie chevelure à faire. Le boulot des industriels.
 

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