Prendre de vitesse les agents infectieux et virus responsables des épidémies comme Zika, le chikungunya, ou Ebola, c'est l'objectif du projet de Microsoft Premonition

Moustiques capturés lors de l'épidémie du virus Zika en 2016, au laboratoire de l'Institut Fiocruz à Recife, Brésil
Moustiques capturés lors de l'épidémie du virus Zika en 2016, au laboratoire de l'Institut Fiocruz à Recife, Brésil © Getty / Mario Tama

Riposter plus rapidement aux virus et agents pathogènes pour éviter qu’ils ne touchent les hommes et les animaux et ne génèrent une épidémie, voire une pandémie, c'est l'objectif de ce projet né il y a 3 ans et qui associe des chercheurs de l'entreprise à ceux de l'Université John Hopkings de Baltimore et ceux de l'université de Pittsburgh. Un projet basé sur un triptyque: des drones, de l'intelligence artificielle et du séquençage d'ADN haut débit.

Aujourd'hui, le temps de comprendre à quelle maladie on a affaire, quel est le vecteur et comment y faire face... il est parfois trop tard. On l'a vu avec Ebola (11000 morts en 2 ans) ou le chikungunya qui a touché 40% des réunionnais en 2005 et 2006.

Capturer les moustiques

Pour l'instant Premonition ne s’intéresse en effet qu'aux moustiques , vecteurs du paludime, de la dengue, de zika ou du chikungunya... Et pour faire parler son sang, il faut donc attraper attraper la bestiole . Et ça , c'est déjà un challenge. Les pièges actuels sont assez peu sophistiqués. Il faut se déplacer sur les zones infestées, poser le piège et venir ensuite le récupérer.

Des drones pour repérer les zones infestées

Microsoft utilise dans un premier temps des drones pour repérer les endroits où il sera pertinent de poser les pièges. Equipés d'appareil photo et d'émetteur infrarouge, les drones repèrent à la fois les nuages de moustiques et photographient l'environnement. Il est ensuite possible de dresser une carte de leur présence. Les moustiques sont attirés par les eaux stagnantes. Même un fond d'eau dans un pneu coupé leur suffit pour pondre...Le drone est censé permettre un accès plus facile dans les zones fortement végétalisées comme les forets tropicales. Après un premier essai à La Grenade, il reste encore beaucoup à faire de ce côté là.

Un piège très intelligent

Une fois la zone de prélèvement identifié, il faut piéger les moustiques. Le piège mis au point a la forme d'une enceinte audio mais son principe est celui du calendrier de l'avent: des boites avec des portes. Dans chacune des 64 mini-boites un détecteur capable d'identifier le moustique à la fréquence de son battement d'ailes! Le détecteur y parvient grâce aux algorithmes développés pour le système. Il distingue les moustiques des autres insectes. Si c'est un moustique, la porte du piège se referme. Ce piège robotisé est qui plus est, autonome -Microsoft vise 1 semaine d'autonomie des batteries, de petite taille et devra être peu coûteux si on veut le généraliser. C'est aussi lui qui devra envoyer l'information de sa collecte.

Faire parler le sang

C'est l'étape suivante : faire parler le sang du moustique. Savoir quel virus ou agent infectieux il contient Pour ça, il existe des machines de séquençage de l'ADN. Sauf que le moustique, il a piqué des cochons, des humains et dans son sang, il y a le sang de tout ce petit monde... Il faut donc faire le tri ! Et vite qui plus est . Pas question d'attendre 2 semaines les résultats du laboratoire ... Et bien , grâce à la puissance des ordinateurs, le temps de séquençage a déjà été divisé par 7. En 12 heures désormais, et avec 1 seul test, les chercheurs peuvent avoir la carte d'identité de plusieurs pathogènes à la fois. Une avancée qui ne suffira pas si on veut surveiller toute la planète. Une capacité de calcul encore plus grande et des algorithmes encore plus rapides sont nécessaires.

Microsoft a encore besoin d'au moins 2 ans pour proposer un système opérationnel . S'il est parvient à son objectif, on comprend l'avancée pour les épidémiologistes et services de santé: prédire la propagation d'un virus ou d'un agent infectieux, savoir quelle route empruntera le moustique, quelle zone sera contaminée, cela permettrait une lutte plus efficace pour protéger les populations. Epandre des insecticides là où c'est nécessaire pas ailleurs. Préparer les structures d'accueil des malades. Bref, enclencher la riposte avant de se faire doubler.

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