Parce que d'importants travaux s'annoncent dans les environs, le zoo d'Helsinki a décidé de mesurer l'exposition au bruit des animaux afin , le cas échéant, de les préserver. Il a fait appel à des chercheurs français.

tigre au zoo de Duiburg -Allemagne-
tigre au zoo de Duiburg -Allemagne- © AFP / ROLAND WEIHRAUCH / DPA

Le zoo d'Helsinki est installé sur une petite île en face de la ville.  2500 animaux logés là vivent paisiblement d'autant qu'une loi nationale les protège du bruit : pas plus de 75 décibels, le bruit d’un aspirateur.
Sauf qu'en face, sur le continent, un nouveau quartier prévu pour  20 000 habitants sera bientôt construit. Et l'Ile sera reliée par un pont .
Entre le chantier et l'arrivée de nouveaux urbains, quels effets ce surcroit de bruit aura t-il sur les ours, les tigres et les paresseux? Comment mesurer ce bruit ?
Pour répondre à ces questions, le service d'innovation de la ville d'Helsinki -Forum Virium- s'est tourné vers les chercheurs français de l'INRIA et  la jeune pousse Ambiciti.

Ambiciti, la pollution atmosphérique et sonore en temps réel.

Ces chercheurs avaient déjà développé une application téléphonique, Ambiciti, sur la base de leurs recherches. Toute personne qui possède un téléphone portable un peu récent peut donc mesurer le son, grâce au micro incorporé. Dans le zoo, neuf soigneurs collectent le bruit au cours de la journée au gré de leurs activités et déplacements sur le site. Sauf que pour être précis et scientifiquement valide, la mesure nécessite un protocole et par la suite un traitement de données explique Bruno Lefèvre chercheur à l'INRIA.

Etude des comportements 

Les travaux du nouveau quartier n'ont pas encore commencé. Les mesures oui. Depuis 6 mois, 9 soigneurs captent le bruit avec leur téléphone et des micros. Il s'agit de faire l'état des lieux aujourd'hui . Avant la 2eme phase: pendant les travaux puis après. Le suivi durera au moins 6 ans. la réaction des animaux reste inconnue. Même s'ils sont habitués aux visiteurs et qu'ils ne sont plus vraiment sauvages, Kirsi Pynnönen Oudman, coordinatrice de recherche au zoo pense qu'il y aura un impact. _"_On va étudier leur activité générale et on va aussi mesurer le niveau d'hormones dans les crottes. Ensuite on va tenter de corréler ces différentes mesures avec le niveau de bruit"

Le taux de cortisol donne en particulier le niveau de stress chez certaines espèces animales. S'il s'avérait que les animaux sont gênés, le zoo envisage de leur permettre de se mettre à l'abri. 

A terme, l'enregistrement du bruit par toute personne ayant un téléphone dans la poche peut déboucher sur des cartes de bruit rue par rue. Déjà, sur Ambiciti, cette application gratuite, on a une idée du potentiel à la terrasse d'un café, lors d'un repas... Préservez le calme. Il fait partie de la qualité de vie. Quand vous n'entendez plus les oiseaux le matin, même en ville c'est qu'il y a un gros problème!

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