Le prototype nous vient des Etats-Unis et c’est un sèche-linge de rupture.

Tambour d'un sèche-linge
Tambour d'un sèche-linge © Getty / s-cphoto

Un concept très différent de ce qui existe aujourd'hui puisque jusqu'à preuve du contraire, pour sécher les textiles, le principe de base c’est de chauffer l’air dans le tambour pour conduire à l’évaporation de l’eau contenue dans les fibres. Le prototype inventé par Viral Patel du « Oak ridge national laboratory » dans le Tennessee et largement soutenu par le département d’état américain à l’énergie, fonctionne avec des ultra sons.

Des transducteurs piézoélectriques au lieu du courant d'air chaud

L’intérieur du tambour est recouvert de transducteurs piézoélectriques à ultra son. Ces transducteurs, transforment l’énergie électrique en énergie mécanique. Ils génèrent des vibrations à haute fréquence. Du coup, le linge humide n’est pas chauffé… Il est secoué comme un pruneau et surtout très vite…résultat : l’eau contenue dans les fibres est éjectée sous forme de minuscules gouttelettes. Ces petites gouttes, ce n’est pas de la vapeur, l’eau liquide n’a pas changé d’état. Elle a changé de forme ! C'est devenu une bruine. Un petit courant d’air et hop, on oriente les micro gouttes vers la sortie . A force d’être secouée, toute l’eau sort et le linge est sec.

Economies d'énergie

Le procédé se passe à température ambiante. Et c’est là tout l’intérêt : c’est une technique très peu consommatrice d’électricité. Or, si vous avez chez vous un sèche-linge, vous savez qu’il pèse sur votre facture d’électricité. Chauffer l’eau pour la faire passer de l’état liquide à l’état gazeux, ça consomme énormément d’énergie. A l’échelle d’un foyer, c’est une chose … A l’échelle d’un pays, cette consommation est énorme… En France , bien qu’un foyer sur 3 seulement en soit équipé, il se vend presque 700 000 appareils vendus chaque année selon le groupement interprofessionnel des fabricants d’électroménagers ! Aux Etats Unis, beaucoup plus….ce serait 3% de la consommation électrique des ménages . Cette technologie par ultrasons permettrait de réduire de 40% la consommation d’énergie a calculé le chercheur.

Une efficacité supérieure

D’après la machine prototype, en 20 minutes le linge est sec contre 50 actuellement. Mais si on regarde dans les étapes successives par lesquelles sont passées les chercheurs, on voit que les premiers essais réalisés sur une sorte de buvard humide nécessitait 50 secondes pour sécher et deux couches de buvards 150 secondes. 3 fois plus. Il faudra donc encore améliorer le procédé parce que si on ne peut y mettre que 3 petites culottes et 2 chemises dans le tambour, ça va vite en agacer plus d’un ! Mais au compte des avantages : le chercheur-inventeur affirme que sa machine fait moins de peluche et garde les couleurs éclatantes !

Disponible d'ici 2 ans?

Encore deux ans de patience avant la mise en vente selon le laboratoire. Un délai assez crédible pour Vincent Tournat, chercheur au CNRS. Parce qu’à partir du moment où un industriel –General Electric en l’occurrence - et le département d’état de l’énergie sont dans la boucle, l’argent nécessaire à la valorisation est là. Selon lui, même si tous les paramètres ne sont pas compris avec précisions, même si on les fait varier de façon empirique, au final, les ingénieurs trouveront le bon compromis entre la fréquence d'ultra son à utiliser, et les matériaux robustes mais peu chers nécessaire à cet appareil électroménager.

A signaler que Viral Patel, le scientifique de Oak ridge laboratory a commencé à travailler sur le fer à repasser, plus exactement la presse à repasser… En plus des économies d’énergie, elle aurait l’avantage de limiter les risques d’accident par brûlures….

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.