Avec les progrès de l'imagerie médicale et la puissance informatique, il est désormais possible d'envisager une médecine personnalisée : la médecine in silico.

Un modèle de cœur humain exposé au deuxième Forum international des étudiants orthodoxes tenue au Centre des expositions VDNKh par le Département synodal de l'Eglise orthodoxe russe pour les affaires de la jeunesse
Un modèle de cœur humain exposé au deuxième Forum international des étudiants orthodoxes tenue au Centre des expositions VDNKh par le Département synodal de l'Eglise orthodoxe russe pour les affaires de la jeunesse © Getty / Stanislav Krasilnikov

Il s'agit de modèles numériques viendront aider les médecins dans leur pratique.

Imaginez : ces derniers temps vous êtes essoufflé en marchant, votre cœur bat la chamade à la moindre occasion, sans parler de votre genou gauche qui, après le dernier match de tennis vous fait horriblement souffrir.

Vous prenez rendez-vous chez le médecin et là, après vous avoir ausculté, il rentre toutes les valeurs obtenues dans l'ordinateur et délivre son diagnostic. La prothèse du genou, ça peut encore attendre mais pas la pose du pacemaker. D'ailleurs, il va changer votre traitement. Le dernier médicament sorti est parfaitement adapté pour vous. C'est votre corps numérique qui le lui dit. Celui qu'il a sur l'écran.

Car voilà le futur proche : la médecine in silico qui gagne du terrain sur la médecine in vivo, pratiquée sur les corps. On crée un corps virtuel, on reconstruit nos organes, notre anatomie et on simule son fonctionnement.

Et tout ça, ce n'est pas de la science fiction : c'est en pleine explosion. En France où on a d'excellents mathématiciens et informaticiens notamment, des équipes ont commencé par créer des doubles numériques d'organe. Le cœur, le cerveau, un peu l’œil, le foie.

Pour le cœur, on en est aux essais pré cliniques. le modèle créé par les informaticiens de l'INRIA, l'institut de recherche en informatique est testé pour valider la pose de pacemaker. Aujourd'hui dans 30% des cas, la pose d'un pacemaker ne change rien pour le malade. Souvent parce qu'il est mal positionné sur l'organe. Demain, le cardiologue pourra simuler l'opération avant de la faire et voir l'impact de chacun de ses gestes. Déjà 100 patients ont déjà été testés à l'échelle de l'Europe et le modèle a montré une excellente prédiction.

Bientôt, en entrant dans le modèle des paramètres comme votre alimentation, votre activité physique, votre patrimoine génétique, on pourra prédire le futur. On aura la météo de votre cœur. Et bien sûr on pourra vous surveiller ou vous soigner en conséquence.

Prédire, c'est aussi ce que vise une équipe mixte à l'institut de mathématiques de Bordeaux et à l'Institut Bergonié. Sa cible c'est le cancer ; son objectif est de parvenir à modéliser une tumeur cancéreuse et surtout son évolution dans le temps, afin de proposer au malade une stratégie personnalisée. Faut-il opérer ? Si oui, quand ? Faut-il plutôt choisir ce médicament là ou plutôt un autre ?

La mise au point des modèles est extrêmement délicate car une tumeur, c'est compliqué et ça évolue sans arrêt. Aux mathématiciens de trouver les bons paramètres à entrer dans le modèle pour avoir une prédiction la plus juste possible. Comme pour les modèles climatiques, on écrit les scénarios en équation et en fonction des informations, et on voit ce qui se passe. Sauf qu'ensuite il faut créer un logiciel pour les médecins, facile d'emploi et fiable pour les aider dans cette nouvelle médecine. La médecine des "4 P" : personnalisée, prédictive, préventive et participative

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