La voiture autonome a mis les gaz. On ne parle que de ça ces temps-ci et partout on entend que c'est pour 2020, autrement dit un futur très proche.

La voiture autonome
La voiture autonome © Corbis / Justin Sullivan

Alors c'est vrai, les avancées sont réelles depuis quelques années. Mais au risque de vous décevoir, je vais vous expliquer que d'ici quatre ans, on n'aura vraisemblablement que des cas d'usages, c'est à dire des voitures adaptées à certaines situations.

La voiture qui se conduit sans les pieds ni les mains d'un humain occup" à lire ou regarder un film, en centre ville, ça ce n'est vraiment pas pour tout de suite.

Même si des constructeurs comme Google, Tesla, BMW proposent déjà ces voitures, ce sont en fait des vitrines, pas des voitures de séries. D'ailleurs, l'accident mortel dans lequel la Google car était impliquée montre le défi de la sécurité.

Alors, voyons la situation aujourd'hui. Les capteurs sont là : caméra 180°, laser, radar, lidar... .Mais pas aussi performants que souhaité. Une caméra par temps de brouillard, ça ne voit rien. Une feuille d'arbre qui vient se coller sur l'objectif bouche la visibilité.Un GPS, sous un tunnel, ça perd le nord. Un lidar à 60 m de portée maximum reste insuffisant s'il faut négocier un virage serré à 90km/h !

Par ailleurs, une fois que vous avez récolté toutes les informations de vos capteurs, il faut les transformer en messages intelligibles pour la voiture, donc en lignes de code.

Et c'est un défi majeur encore partiellement irrésolu : comment fusionner toutes les informations, leur donner du sens (est-ce un poteau sur la gauche ou un piéton qui s'apprête à traverser ?) et amener la voiture à prendre la bonne décision ?

Aujourd'hui, les voitures roulent sur des parcours simples, type autoroute. Tout le monde va dans le même sens, il y a des rails de sécurité, personne ne traverse inopinément, il n'y a pas de carrefours. Bref, pas ou peu de question à se poser.

La voiture autonome trouvera ses premiers usages dans les parcs d'attraction par exemple, pour aller du parking à l'aérogare, pour circuler dans une grande usine, ou dans un quartier. On peut aussi imaginer des convois de camions ou de voitures sorties d'usine allant chez le concessionnaires. Les véhicules se suivent à même distance de façon automatisée en communiquant entre eux. Seul le premier de la file est piloté par un humain.

C'est l'imprévu que la voiture autonome ne sait pas encore gérer comme un cerveau humain. C'est l'objet de ce qu'on appelle l'apprentissage profond des machines. Les chercheurs en intelligence artificielle sont dessus mais c'est difficile.

Et plus tard, on voudra des voitures qui nous ressemblent. Votre conduite est plutôt sportive mais si vous prêtez votre Audi à quelqu'un qui roule plutôt pépère, vous aimeriez qu'elle s'adapte. Allez faire comprendre ça à un algorithme!

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