Ce matin, c'est une information venue d'Irak qui a retenue notre attention...

La ville de Mossoul
La ville de Mossoul © Getty / myhrcat

Une information passée relativement inaperçue et qui pourtant est significative de l'état dans lequel se trouve Daech en Irak et aussi en Syrie : depuis plusieurs jours, les familles et les proches des dirigeants de Daech à Mossoul vendent tous leurs biens et s'enfuient.

Je rappelle que Mossoul est cette grande ville irakienne, la 2e du pays, occupée par le groupe terroriste depuis juin 2014. Or les troupes irakiennes, aidées par les Etats-Unis et la France et surtout par l'Iran, grignotent inexorablement le territoire de Daech.

J'appelle ça la stratégie du boa constricteur : étouffer l'adversaire, ne lui laisser aucune possibilité de contre-attaque foudroyante, l'épuiser, l'assommer. C'est long, mais ça fonctionne : Fallujah a été reprise et en Syrie aussi, Daesh est en recul constant.

Alors, cette info sur la fuite des dirigeants de Daesh et de leur famille, mallettes de dollars sous le bras, est-elle crédible ? Elle est vraisemblable : ce n'est pas la 1ère fois que les cadres de Daesh fuient devant le danger en laissant la piétaille se faire tuer.

C'est vrai que ça s'est passé de cette façon à Syrte, en Libye...

Exactement ! Lorsque les milices libyennes, d'une part, et le général Haftar appuyé notamment par les forces spéciales françaises, ont commencé leur reconquête de la ville libyenne de Syrte, ils ont pu constater que les chefs de Daesh avaient décampé.

Il n'ont laissé sur place que des snipers, des munitions, des instructions : tenir coûte que coûte. Est-ce que ça les rend moins efficaces ? Pas vraiment : ça fait 3 mis que les Libyens, miliciens ou militaires, se battent maison par maison pour reprendre la ville.

En clair, en Syrie, en Irak ou en Libye, dès que Daesh est battu à la régulière, c'est-à-dire troupes contre troupes, il redevient ce qu'il n'a jamais en fait cessé d'être : un groupe terroriste avec une stratégie de guérilla : embuscades et tireurs isolés.

Même constat au Nigéria avec Boko Haram, ce groupe terroriste qui s'est auto-affilié à Daesh et qui, en 2009, contrôlait dans le nord du pays, un territoire grand comme la Belgique. Aujourd'hui, ils perdent villes après villes et sont repoussés dans la savane.

Ou plus exactement, dans une région qu'on pourrait appeler des « quatre frontières ». Au Nord du Nigéria, au bord du lac Tchad, au confins du Cameroun et du Niger. En clair, Boko Haram joue à saute-frontières en comptant sur des querelles de souveraineté.

Ce que vous voulez dire, c'est que ces groupes terroristes jouent de nos faiblesses...

C'es même systématique : en Irak, Daech jouent régions sunnites contre gouvernement et armée chiite, en Syrie, il joue tout le monde contre tout le monde. En Libye, milices contre armée dite « régulière » et Est contre Ouest. Au Nigéria, pays contre pays.

En Occident aussi, Daech joue de nos faiblesses et de nos contradictions. Et dans ce jeu, la France est particulièrement visée. L'idée est, on le sait, d'aggraver les blessures de notre société, de les élargir de les rendre mortelle.

La France, son universalité, sa tradition séculaire d'accueil des réfugiés et ses vagues successives d'immigration est considérée par les stratèges de Daech comme le maillon faible. C'est donc à nous de les mettre en échec avec une arme imparable :

Il suffit simplement de se souvenir que notre devise est : liberté et surtout égalité et fraternité et de tout faire pour quelle s'applique à tous nos concitoyens, sans distinction d'origine sociale ou de religion.

Les hommages multiconfessionnels au prêtre prêtre Jacques Hamel, assassiné en son église de Saint-Etienne du Rouvray, en sont une splendide illustration. Encore et toujours, Liberté, Egalité, Fraternité.

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