On revient sur la multiplication des sanctions internationales...

De l'efficacité des sanctions internationales
De l'efficacité des sanctions internationales © Getty / VICTOR DE SCHWANBERG/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Faisons ensemble le compte récent : sanctions russes contre les diplomates américains, c'était hier ; sanctions américaines contre la Russie à la fin de la semaine dernière ; sanctions mondiales contre le Venezuela ; sanctions nouvelles contre la Corée du Nord...

Mais pour s'y retrouver dans ce panaché de sanctions qui vont du plus symbolique au plus douloureux, il faut se poser deux questions : qui et par qui ? Qui ces sanctions visent-elles vraiment et par qui sont-elles appliquées.

Enfin, une simple réflexion adjacente : ces sanctions – avant tout économiques – fleurent bon le XXe siècle et la domination occidentale. A-t-on déjà vu l'Afrique imposer des sanctions à l'Europe ? Ou la Chine, émue, proposer aide et assistance à la Grèce ruinée ?

Reste donc les deux questions que vous posiez : qui et par qui ?

Tout d’abord, qui ses sanctions visent-elles ? La question vaut d'être posée parce que les Etats-Unis viennent, par exemple, de geler les avoirs que posséderait le président vénézuélien aux Etats-Unis.

Or, à part rejoindre le club très sélect des présidents en exercice sanctionnés par Washington – ils sont 4 : Nicolas Maduro, donc, le syrien Bashar Al Assad, le nord-coréen Kim Jong-Un et le zimbabwéen Robert Mugabe – on sent bien que c’est parfaitement inutile

Dans le cas du Venezuela, les vraies sanctions consisteraient à ne pas d'importer son pétrole. Le pays est le 2ème fournisseur des Etats-Unis. Si Washington ferme le robinet, le régime chute dans le mois. Mais il n'en a jamais été question.

C'est parce que les sanctions contre l'Iran touchait avant tout le pétrole qu'elles ont été efficaces et ont forcé Téhéran à négocier.

Ca peut-être fonctionné pour l'Iran, mais pas du tout pour la Corée du Nord !

Il y a une énorme différence : les sanctions contre l'Iran ont été imposées par ceux qui achètent son pétrole, à savoir l'Europe et les Etats-Unis. Or, les sanctions contre la Corée du Nord ne sont pas appliquées par son principal client : la Chine.

90% du commerce nord-coréen s'effectue avec Pékin. Donc seule la Chine à toutes les cartes en main. C'est d'ailleurs pour cette raison que les Nord-Coréens rêvent de négocier directement avec les Etats-Unis, histoire de sortir de ce tête-à-tête.

En fait, les sanctions ne servent à rien dans 2 circonstances : lorsqu'un régime se bat pour sa survie et que les sanctions internationales sont le cadet de ses soucis – c'est le cas de la Syrie ou du Venezuela.

Et lorsqu'un régime a pour allié un pays aux poches profondes : c'est le cas donc de la Corée du Nord ou même de Cuba qui, des années durant, a pu compter sur l'Union soviétique pour compenser le blocus américain. Puis récemment, sur le Venezuela.

Il reste le cas particulier de la Russie !

C'est vrai ! Impossible de refuser le gaz ou le pétrole russe : Moscou est le 1er producteur d'or noir au monde et certains pays d'Europe dépendent à 100% du gaz naturel russe.

Les sanctions sont donc ciblées, financières ou symboliques. Et pourtant, elles sont plutôt efficaces : tout simplement parce que la Russie a désespérément besoin d'investissements étrangers. Son appareil industriel et son économie en général sont obsolète et elle a 140 millions de citoyens à servir. Or personne n'investit dans un pays à risque et mis au ban…

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.