Lentement mais sûrement l’étau se resserre sur Téhéran. Au cours d’une conférence téléphonique, l’Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Chine, la Russie, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, se sont mis d’accord, hier, sur le principe de nouvelles sanctions économiques visant à contrer le développement du programme nucléaire iranien. Après la Russie, la Chine a ainsi fini par se rallier aux Occidentaux dans cette crise et l’ensemble des grandes puissances devraient maintenant entamer des discussions à l’Onu sur l’ampleur et la nature de ces sanctions que l’Union européenne et les Etats-Unis veulent « dures ». Un projet de résolution américain circule déjà à New York et la situation s’est suffisamment modifiée, en défaveur de Téhéran, pour que le ministre iranien des Affaires étrangères ait accepté de se rendre à Pékin, aujourd’hui même, où les Chinois devraient lui lancer un ultime appel au dialogue. Ou bien l’Iran va reculer, même à moitié, ne serait-ce que dans une énième tentative de gagner du temps, ou bien il devra faire face non seulement à des sanctions du Conseil de sécurité mais, également, à des sanctions additionnelles des Occidentaux dont l’impact cumulé pourrait peser lourd sur un régime déjà confronté à une très forte contestation intérieure et de grandes difficultés économiques. On va voir. On le saura vite mais la certitude est que l’Iran est à l’heure des choix et que la scène internationale se modifie, à bas bruit mais profondément. Premier changement, l’Amérique est de retour. On la disait durablement hors-jeu, paralysée par les revers, internes et externes, de son président mais Barack Obama vient, coup sur coup, de faire adopter sa réforme de la couverture médicale et de se rapprocher de la Russie en finalisant avec elle un nouvel accord de réduction des armements stratégiques. Non seulement le président américain peut ainsi marquer des points contre le régime iranien vis-à-vis duquel il peut hausser le ton car il lui avait, auparavant, tendu la main mais il accentue constamment, sans éclats mais fermement, ses pressions sur la droite israélienne. Rien n’a filtré des longs entretiens à huis-clos que Benjamin Netanyahou a eu la semaine dernière à la Maison-Blanche mais Barack Obama, deuxième changement, lui a fait clairement comprendre que l’intérêt national américain était qu’Israël accepte un gel total des constructions dans les Territoires occupés, y compris à Jérusalem-est, et s’engage dans de vraies négociations avec les Palestiniens. Les choses bougent beaucoup plus qu’on ne le croit au Proche-Orient et, troisième changement, illustré par la crise iranienne, la Chine monte en puissance sur la scène diplomatique en y devenant aussi incontournable que sur le marché mondial. La Chine devient un arbitre de la scène internationale et, quatrième changement, l’Europe rassemble, petit à petit, ses forces en marchant vers une harmonisation de ses politiques économiques et rapprochant ses politiques étrangères. Rien de tout cela n’est joué, rien n'est acquis, mais, partout, le monde se modifie.

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