Quatre soldats ukrainiens ont été tués lors des plus graves incidents depuis des mois avec les séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine. Le risque de réveil de ce conflit semble lié aux tensions entre la Russie et les pays Occidentaux, l’Amérique de Joe Biden en tête.

Le Président ukrainien Volodymir Zelensky en visite le 11 février 2021 sur la ligne de cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine, face aux combattants séparatistes pro-russes.
Le Président ukrainien Volodymir Zelensky en visite le 11 février 2021 sur la ligne de cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine, face aux combattants séparatistes pro-russes. © AFP / Handout / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

S’il est de plus en plus apparent que nous vivons une sorte de « seconde guerre froide », ça ne signifie pas que la guerre « chaude » soit impossible. De nouveaux bruits de botte se font entendre aux confins de l’Ukraine et de la Russie, qui font craindre qu’un conflit jamais éteint ne soit relancé, marquant la dégradation du climat international.

Quatre soldats Ukrainiens ont été tués lors d’échanges de tirs qui ont duré toute une journée avec les séparatistes pro-russes de la région de Donetsk, dans l’Est de l’Ukraine. Dans des communiqués séparés, mardi, Kiev et Moscou se sont renvoyés la responsabilité de ces incidents, les plus graves depuis plusieurs mois. 

Plus inquiétant encore, des informations font état de l’arrivée de nouveaux types d’armements du côté des forces soutenues par Moscou, et de renforts militaires russes aussi bien du côté de la frontière ukrainienne de l’Est, qu’en Crimée, annexée par la Russie en 2014.

Ce conflit a déjà fait plus de 13 000 morts, principalement lors des combats de 2014 et 2015, et continue de laisser « deux Ukraines » face à face, sur une ligne de cessez-le-feu longue de 427 kilomètres, tandis que les négociations diplomatiques sont dans l’impasse.

Il existe, dans plusieurs pays issus de l’ex-URSS, ce qu’on appelle des « conflits gelés », des guerres jamais résolues, en Géorgie, en Moldavie, et bien sûr en Ukraine. Des conflits qui peuvent se rallumer suite à un incident - ou à une décision politique.

Celui de l’Ukraine est le plus sensible, d’abord parce que les braises ne sont pas éteintes, et parce que l’Ukraine est un gros morceau dans le jeu géopolitique autour de la Russie. C’est depuis l’annexion de la Crimée que la Russie est visée par des sanctions occidentales, et les forces séparatistes du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, sont un des leviers à la disposition du Président russe Vladimir Poutine lorsqu’il veut envoyer des messages.

Dans la période actuelle, le message est clair, et il fait suite à la tonalité brutale du début de relation avec la nouvelle administration américaine : colère de Washington suite à une cyberattaque attribuée à la Russie, et cette petite phrase de Joe Biden traitant Vladimir Poutine de « tueur ».

Mardi soir, la Chancelière Angela Merkel et le Président Emmanuel Macron ont tenu une visioconférence avec Vladimir Poutine. La France et l’Allemagne ont la responsabilité de chercher une solution entre l’Ukraine et la Russie, un format dit « Normandie », après avoir été inauguré en marge des cérémonies du débarquement en 2014.

Mais ces négociations sont dans l’impasse après avoir fait quelques progrès, comme des échanges de prisonniers. D’autres mesures décidées à quatre n’ont pas été suivies d’effets, comme l’ouverture de points de passage entre la zone séparatiste et le reste de l’Ukraine. Ces derniers mois, la marge de manœuvre de la diplomatie s’est singulièrement rétrécie.

Le conflit ukrainien va-t-il repartir pour signifier une nouvelle ère de confrontation avec une administration américaine combattive ? C’est le risque : au cours de la première guerre froide, au temps de l’URSS, on se faisait la guerre par « proxies », c’est-à-dire par l’intermédiaire de pays et de combattants tiers, jamais directement. C’est ce qui menace aujourd’hui en Ukraine.

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