C’est la dernière étape du changement d’équipe à la tête de l’Union. A compter d’aujourd’hui, c’est un Polonais, Donald Tusk, qui prend la présidence du Conseil européen, l’assemblée des 28 chefs d’Etat et de gouvernements qu’il ne faut pas confondre avec la Commission qui est, elle, l’exécutif de l’Union.

A cette présidence du Conseil, Donald Tusk n’a eu qu’un prédécesseur, le Belge Herman Van Rompuy, car cette fonction n’a que cinq ans d’existence. C’est, autrement dit, un rôle dont la définition dépendra beaucoup de la manière dont ses premiers titulaires l’auront exercé et c’est en cela que le parcours et la personnalité de cet homme sont importants.

Agé de 57 ans, Donald Tusk fut d’abord et avant tout un libéral, l’un de ces si nombreux économistes du bloc soviétiques qui avaient cherché la solution aux problèmes de leurs pays dans l’idéologie la plus radicalement contraire aux méthodes de gestion qu’ils avaient toutes les raisons de rejeter. Il fut d’abord thatchérien mais c’est aujourd’hui un pragmatique, adepte du consensus et européen convaincu.

Il l’est d’abord devenu en s’opposant aux frères Kaczynski qui avaient gouverné la Pologne avant lui et qui étaient des souverainistes militants, aussi méfiants à l’égard de l’Allemagne que de la Russie et de l’Union européenne alors que lui voyait l’avenir de son pays dans l’Union et voulait le réconcilier avec la Russie et achever de tourner la page avec l’Allemagne. Puis, arrivé au pouvoir en 2007, Donald Tusk a fait de son parti, la Plateforme civique, une formation beaucoup moins libérale qu’attrape-tout, un vaste centre dont il a continûment été le Premier ministre avec d’indiscutables succès économiques

Donald Tusk incarne, en ce sens, le nouveau consensus montant dans l’Union, une synthèse entre les exigences de croissance par l’investissement et d’assainissement des comptes publics par la réduction des dépenses. C’est son premier atout et le second est qu’il est Polonais.

Maintenant que l’Union s’est élargie aux anciens pays communistes d’Europe centrale, rien de solide ne peut plus s’y faire sans eux. Bien qu’elle reste indispensable, l’entente franco-allemande ne suffit plus à conduire l’Europe et notamment pas dans une période qui va longtemps rester dominée par la crise ukrainienne et les tensions avec la Russie. Il faut associer les nouveaux pays membres et donc la Pologne, le plus important d’entre eux, au pilotage de l’Union et le fait est que le gouvernement de Donald Tusk n’a jamais jeté d’huile sur le feu ukrainien. Bien placée pour savoir qu’il faut compter avec la Russie, la Pologne a toujours soutenu, au contraire, Paris, Londres et Berlin qui, sans jamais rien céder à Vladimir Poutine, ont toujours cherché les voies d’un compromis et continuent à le faire. Centriste en économie, réaliste en politique étrangère, Donald Tusk est l’Union telle qu'elle est aujourd'hui.

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