Tout sourit à Vladimir Poutine.

Hier encore les pays de l’Opep, les principaux pays exportateurs de pétrole, se sont mis d’accord pour diminuer leur production quotidienne et faire augmenter ainsi, loi de l’offre et de la demande, les prix du baril sur le marché mondial.

C’est une excellente nouvelle pour la Russie dont l’économie souffre d’une longue période de baisse des cours mais ce n’est pour elle que la dernière en date. Avant cela, le 8 novembre, la présidentielle américaine avait offert la Maison-Blanche à un homme, Donald Trump, qui ne tarit pas d’éloge sur Vladimir Poutine, fait une priorité d’un rapprochement entre Washington et Moscou et, surtout, a mis en doute l’automaticité de la solidarité militaire des États-Unis avec les autres pays de l’Otan, notamment les Pays baltes, trois anciennes République soviétiques devenues indépendantes et membres de l’Alliance atlantique.

Dans un contexte marqué par l’annexion de la Crimée, l’intervention du Kremlin en Ukraine orientale et la multiplication des provocations militaires russes au-dessus de la Baltique, Vladimir Poutine n’est pas infondé à voir là une reconnaissance implicite, par le futur président américain, d’une zone d’influence russe sur tout le territoire de l’ancienne URSS et ce n’est pas tout.

Après la présidentielle américaine, les élections moldave et bulgare ont porté au pouvoir des partisans de la Russie dans deux pays d’Europe centrale et orientale dont l’un, la Bulgarie, est membre de l’Union européenne. Cela fait, en tout, quatre gros lots pour le Kremlin auxquels il faut bien sûr ajouter le triomphe de François Fillon aux primaires de la droite et du centre puisque l’ancien Premier ministre entretient d’étroites relations avec Vladimir Poutine et se dit partisan d’une levée des sanctions économiques prises contre la Russie après l’annexion de la Crimée.

On en est à cinq cadeaux du ciel pour le président russe qui est parallèlement en train d’engranger un succès politico-militaire en Syrie puisque la sauvagerie de ses bombardements sur Alep accule l’insurrection à une défaite qui ouvrirait la voie à une victoire de Bachar al-Assad après bientôt six ans de guerre.

Cela change la donne internationale du tout au tout. Les choses, bien sûr, peuvent vite évoluer. On ne sait ni ce que fera Donald Trump une fois aux commandes ni ce qu’y ferait François Fillon s’il transforme l’essai mais, à se fier à leurs déclarations de candidats, les Etats-Unis ne feront plus obstacle à la reformation d’une emprise russe sur l’ancienne URSS et la France pèsera en faveur d’une levée des sanctions économiques contre Moscou à laquelle plusieurs autres pays de l’Union sont déjà favorables.

En Europe comme au Proche-Orient, c’est un grand retour de la Russie sur la scène internationale qui semble s’esquisser pour l’heure, un spectaculaire tournant qui pourrait bien mettre à mal les relations franco-allemandes puisque Mme Merkel n’a pas pour Vladimir Poutine le même élan que François Fillon.

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