Où l'on voit que ne siège plus dans le bureau ovale qu'un clown grotesque et consternant

Donald Trump dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche
Donald Trump dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche © AFP / NICHOLAS KAMM

Il y a, depuis toujours, une « relation spéciale » entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Fondée sur une langue, une histoire et une culture communes, elle est tout à fait essentielle à ces deux pays mais Donald Trump n’est pas loin de l’avoir dynamitée au moment même où le Royaume-Unis s’éloigne de l’Union européenne.

        Cela s’est fait en trois temps. Donald Trump, d’abord, choisit de retweeter, de relayer par tweet, des vidéos grossièrement antimusulmanes qui avaient été initialement diffusées par un groupuscule britannique d’extrême-droite. C’est tellement gênant que la Première ministre Teresa May s’insurge et se distance du président américain en parlant d’une « erreur ».

Elle était restée là parfaitement courtoise. Une erreur n’est pas une honte mais M. Trump prend cette réaction très mal et tweete, écoutez bien chaque mot : «  Ne vous occupez pas de moi. Occupez-vous du terrorisme islamique radical destructeur qui sévit au Royaume-Uni. Tout va bien pour nous ». 

Cela revient si bien à cracher au visage de Mme May qu’à peu près toute la Grande-Bretagne en a suffoqué, à droite et à gauche, et que la Première ministre, consciente de ses responsabilités, a dû ramer pour sauver les meubles sans vraiment y parvenir. 

Entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, entre les « cousins » comme on dit dans James Bond, M. Trump a enfoncé un coin mais ce n’est rien, pas grand-chose en tout cas, à côté de ses prouesses sur la scène intérieure. 

Il est de notoriété publique que ce président n’apprécie pas son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, le chef de sa diplomatie qui semble bien l’avoir qualifié de « crétin » à l’issue d’une récente réunion au Pentagone. Entre eux, ça ne va pas et un hasard qui n’en est nullement un a donc voulu que la presse américaine soit informée d’un prochain limogeage du secrétaire d’Etat qui serait bientôt remplacé par l’actuel patron de la CIA lui-même remplacé par un élu républicain proche du président. Tout cela était si précis que tous les regards se sont tournés vers la Maison-Blanche dont le porte-parole a déclaré : « Il n’y a pas d’annonce à ce stade » tandis que Donald Trump lançait : « Il est ici. Rex est ici ». 

En fait de démenti, c’était une quasi confirmation et à l’heure de la crise nord-coréenne et de la dégradation des relations avec Londres, les Etats-Unis n’ont ainsi plus personne à la tête de leur diplomatie. 

Si l’on ajoute à cela que Donald Trump, à coup de tweets encore, vient de rompre les discussions avec les démocrates sur le déficit budgétaire, un constat s’impose : il n’y a plus personne aux commandes des Etats-Unis, plus personne d’autre qu’un clown grotesque et consternant. 

Alors qu’en penser ? Difficile à dire car cela ne s’était jamais vu et pas même imaginé.    

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