« Je suis le 800ième », a-t-il déclaré et il y avait beaucoup de vérité dans cette plaisanterie. Candidat, depuis hier, à l’investiture démocrate, le sénateur Biden n’est ni le premier ni le dernier sur une liste de prétendants déjà bien longue mais au moins, lui, peut-il faire valoir que ses atouts répondent aux besoins du moment. Dans une période où le premier défi du prochain Président américain sera de redonner aux Etats-Unis le crédit international que l’aventure irakienne leur a fait perdre, Joseph Biden, 64 ans, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat et sénateur depuis l’âge de 30 ans, est en effet un spécialiste incontesté des questions internationales. Réfléchi, pondéré, familier de beaucoup de dirigeants étrangers dont Jacques Chirac, il connaît ses dossiers, les maîtrise et sans doute est-il, au Congrès, l’homme qui sait le mieux ce qu’il voudrait faire pour tourner la page de l’Irak. Artisan d’une résolution qui condamne l’envoi de nouvelles troupes à Bagdad comme contraire à « l’intérêt national », il prône depuis longtemps déjà une fédéralisation de l’Irak qui donnerait une large autonomie aux communautés kurde, sunnite et chiite entre lesquelles serait équitablement répartis les revenus pétroliers. Cela ne plairait pas à la Turquie voisine qui ne voudrait pas que cela crée un précédant pour ses propres Kurdes. Nul ne sait si cela suffirait à faire revenir la paix mais, outre qu’il n’y a pas de moins mauvaise solution sur la table, Joseph Biden y voit une « troisième voie » entre un retrait pur et simple et la fuite en avant. Son bon sens et sa compétence en feraient un Président expérimenté mais, pour l’heure, il n’est pas le favori des sondages qui placent tous Hillary Clinton en tête des primaires. Bénéficiaire d’une notoriété sans égal, d’un magot de campagne et d’une remarquable équipe de conseillers, la sénatrice de New York est la préférée des électeurs de son parti. Elle est le « front runner » mais son problème est la présidentielle elle-même car, si faibles que soient les espoirs des Républicains, elle polarise une violente hostilité des milieux conservateurs qui la considèrent comme une sorte de féministe rouge prête à brader les valeurs américaines. Derrière Hillary viennent deux autres candidats, également beaucoup mieux placés que « Jo » Biden. Le premier, Barack Obama, séduit énormément de gens par son absolue nouveauté car ce jeune sénateur est à la fois étranger au monde politique auquel il n’appartient que depuis quatre ans et fils d’un Kenyan et d’une Américaine, donc à moitié Noir. Quadragénaire au sourire ravageur, le sénateur Obama est suivi, dans les intentions de vote démocrates, par un quatrième sénateur, John Edwards, excellent orateur, enfant d’une famille pauvre devenu riche avocat et candidat à la vice présidence, en 2004, aux côtés d’Al Gore. La liste serait encore longue et il faut, justement, y ajouter Al Gore qui n’est pas entré en scène mais pourrait bien le faire.

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