Nicolas Sarkozy s’est gardé de le démentir dimanche soir. Personne ne l’a non plus fait dans l’entourage d’Angela Merkel et il est ainsi probable que la chancelière allemande apportera bien son soutien au président sortant lorsqu’il aura entamé ses meetings de campagne.

Cela en choquera beaucoup, et pas seulement à gauche. Beaucoup verront là une immixtion allemande dans la politique intérieure française mais il y a longtemps que les politiques d’un pays européen ne se décident plus à l’intérieur de ses seules frontières. Les citoyens élisent leurs dirigeants nationaux mais ces dirigeants tendent toujours plus à n’être que leurs représentants élus dans les instances de l’Union européenne, de cette Union qui n’en finit plus de survivre à ses crises et d’en sortir renforcée.

Non seulement c’est au sein du Conseil européen, de l’assemblée des 27 chefs d’Etat et de gouvernements, que se prennent toujours plus les décisions les plus importantes mais les députés du Parlement de Strasbourg ne siègent pas en groupes nationaux mais en groupes politiques. Transnationaux, il y a les groupes de la gauche et de la droite et, à côté de ces grands groupes du Parti socialiste européen et du Parti populaire européen, il y a ceux des Verts, des libéraux, de la gauche de la gauche et de la droite de la droite.

Constitué autour des grands courants que l’on retrouve dans chaque pays, il y a un échiquier politique paneuropéen et il n’est donc pas choquant mais logique que ces forces, droite, gauche et autres, s’épaulent lors des élections nationales. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’innoveront pas. Cela tend déjà à devenir la norme et c’est, en l’occurrence, d’autant moins surprenant, que la chancelière et le président se sont affirmés en copilotes de l’Union dans la crise des dettes publiques et que leurs propositions sont convergentes.

Ce n’est pas seulement que l’une et l’autre prônent la rigueur dans le rétablissement des comptes publics. C’est aussi qu’ils proposent d’assurer la relance de la croissance par de nouvelles mesures de libéralisation économique et, notamment, du droit du Travail. Il y a une droite franco-allemande à laquelle s’oppose une gauche franco-allemande, dotée d’un programme commun depuis l’année dernière et qui table, elle, sur des investissements à long terme, la définition de politiques industrielles et la mutualisation des dettes européennes pour que l’Union renoue avec la croissance.

Comme le disait récemment Angela Merkel, l’Europe, c’est de la politique intérieure mais que se passerait-il, demain, si un président de gauche devait travailler avec une chancelière de droite ?

Ils auraient certainement à s’apprivoiser mais ce ne serait pas le blocage parce que les dirigeants allemand et français, quelle que soit leur couleur politique, ont toujours surmonté leurs divergences en œuvrant ensemble à une ambition européenne et qu’il se trouve qu’Angela Merkel et François Hollande en ont une en commun – cette affirmation progressive d’une « union politique » qui est devenue l’horizon de la chancelière et qui n’est pas, du tout, celui de Nicolas Sarkozy.

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