Les défis de 2021 vont de la transition américaine et des équilibres mondiaux avec la nouvelle présidence américaine, à la succession de la Chancelière en Allemagne qui pèsera lourd sur l’avenir de l’Europe. Sans oublier le virus qui est toujours là…

L’Australie est passée la première à 2021, année de beaucoup de défis, à commencer par celui de reprendre le dessus sur le covid-19.
L’Australie est passée la première à 2021, année de beaucoup de défis, à commencer par celui de reprendre le dessus sur le covid-19. © AFP / DEAN LEWINS / AAP IMAGES FOR NSW GOVERNMENT / AFP

Il y a les défis prévisibles, et ceux qu’on n’anticipe pas ; souvenons-nous, il y a un an, nous n’imaginions pas les ravages qu’allait faire ce virus inconnu apparu au centre de la Chine. 

Mais dans les défis prévisibles, 2021 s’annonce costaud. Je ne m’attarderai pas sur le Brexit, qui a effectivement démarré ce matin, on en a suffisamment parlé. J’évoquerai plutôt deux changements majeurs à la tête de deux pays-clés, les États-Unis et l’Allemagne.

Mais d’abord, n’oublions pas Donald Trump. Il est encore président pour près de trois semaines, et beaucoup se demandent quels dégâts il peut encore faire, à la démocratie américaine, mais aussi à la stabilité du monde. Depuis quelques jours, il envoie des bombardiers B52 au-dessus du Golfe, à l’approche du premier anniversaire de l’élimination par un missile américain du Général iranien Qassam Soleimani. Trump ira-t-il plus loin ? Les démocrates redoutent que son dernier acte ne soit de leur laisser une guerre avec l’Iran sur les bras…

Mais projetons-nous plus loin : l’arrivée de Joe Biden et de son administration démocrate est attendue avec impatience par les partenaires comme par les adversaires des États-Unis.

D’abord parce que les quatre années de Donald Trump ont été épuisantes, au rythme des tweets et des obsessions du président le plus dysfonctionnel de la première puissance mondiale. Biden aura au moins une vertu : il sera prévisible.

Deuxièmement, parce que la gouvernance mondiale est plus qu’en panne, elle est devenue chaotique : les Nations Unies ne jouent plus leur rôle depuis longtemps, Donald Trump a mis les États-Unis sur une trajectoire de guerre froide avec l’autre super-puissance, la Chine, et des puissances régionales comme la Turquie en profitent pour mener leur propre jeu.

Joe Biden parle de restaurer le leadership américain, un discours très XX° siècle pas nécessairement adapté au XXI° ; mais il aura aussi les bras chargés par son agenda domestique, et des contraintes politiques dont l’ampleur sera décidée, dès la semaine prochaine, par les élections sénatoriales partielles en Géorgie qui détermineront qui détiendra la majorité au Sénat. 

Reste donc l’Europe, et cette grande transition à la tête de l’Allemagne en septembre. La Chancelière Angela Merkel tire sa révérence après les élections générales, après un long règne de seize ans. Son successeur n’a pas encore été désigné par son parti, la CDU, et ce choix a évidemment des conséquences au-delà de l’Allemagne, en en particulier en France et en Europe. 

C’est un cliché de le dire, mais l’Europe n’avance que lorsque Paris et Berlin, et donc le Président et la Chancelière, s’entendent, comme ils l’ont montré avec l’adoption du Plan de relance post-Covid cet été. Le choix des Allemands vis-à-vis de l’Europe sera donc décisif pour que l’UE, qui a montré en 2020 qu’elle pouvait enfin être à la hauteur en temps de crise, ne retombe pas dans ses errements passés et continue de se marginaliser.

N’oublions pas enfin ce virus obsédant, qui a bouleversé le monde, ébranlé les économies, et paradoxalement renforcé la Chine d’où tout est parti. Parviendrons-nous à le contenir et à nous remettre à vivre en 2021 ? C’est évidemment LE principal défi, celui qui conditionne, de fait, tous les autres.

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