C'est la découverte d'un énorme gisement d'hélium en Tanzanie que vous commentez ce matin.

Par Anthony Bellanger.

Les Américains vont pouvoir continuer à gonfler leurs ballons de baudruche à l'hélium et les IRM, à produire de magnifiques imageries médicales : on a découvert un énorme gisement d'hélium en Tanzanie.

En fait, depuis 2012, le petit monde des gaz nobles ou rares, l'hélium donc mais aussi le radon, le néon, le xénon ou le krypton, un gaz qui existe vraiment et qui n'a rien à voir avec Superman, bruissait de rumeurs : on allait manquer d'hélium à brève échéance.

Pourtant l'hélium est le deuxième gaz le plus abondant de l'univers, mais comme il est plus léger que l'air, il s'échappe dès qu'il est libéré. Or l'hélium sert pour les ballons, ok, mais surtout pour les fusées spatiales, pour la réfrigération ou même les ordinateurs.

Or il se trouve que le premier producteur mondial, les Etats-Unis, a presque épuisé ses énormes réserves, propulsant à des niveaux stratosphériques le prix de « pied cube » ou du « mètre cube » du gaz qui vous rend ridicule quand vous l’aspirez.

Cette découverte devrait donc enrichir la Tanzanie...

Qui, je le rappelle, est un pays d'Afrique de l'Est deux fois grand comme la France pour 50M d'habitants. Sur le papier c'est effectivement le jackpot ! Un énorme gisement très riche en hélium, des prix élevés et une nation africaine qui a bien besoin d'argent.

Sauf que, comme toutes les matières premières, l'hélium tanzanien peut devenir aussi une malédiction. On appelle ça le « paradoxe néerlandais » : en clair, l'argent facile décourage toute production locale et enfonce le pays concerné dans la rente et la ruine.

C'est ce qui se passe avec le Venezuela : un pays qui est assis sur les 1ères réserves de pétrole au monde, qui a dépensé sans compter, mais aussi sans investir sur l'avenir et qui aujourd'hui est ruiné par la chute des prix du baril.

Or on sait ce qu'il faut faire pour empêcher cela : il faut mettre cet argent de côté, sagement, comme le font la Norvège ou l'Arabie saoudite pour ne pas inonder le marché de pétrodollars ou, dans le cas de la Tanzanie, d'hélium-dollars.

Ça signifie aussi que les Etats-Unis vont perdre leur place de leader...

Eh oui, c'est inexorable. Il leur est arrivé la même chose avec les « terres rares », ces métaux rares et coûteux et extrêmement polluants à extraire. Trop polluants : ils ont donc laissé les Chinois devenir les 1ers producteurs au monde.

Des métaux qui sont indispensables à l'industrie électronique : ils entrent, par ex., dans la composition des smartphones ou des ordinateurs. Or, le jour où les Etats-Unis ont cessé de produire ces « terres rares », les Chinois ont commencé à faire du chantage.

Ils ont expliqué qu'il pensait à un rationnement des exportations : immédiatement, les prix ont explosé... pour le plus grand profit des Chinois. Mais ça, ça n'est possible que parce qu'il s'agit de la Chine, 2ème économie du monde.

La Tanzanie, elle, n'a ni les moyens ni la volonté, de jouer ce petit jeu de dupes. Elle veut encaisser le magot, et on le comprend. Sauf que, dès la nouvelle de ce gisement exceptionnel connue, les prix du « pied cube » d’hélium ont commencé à fondre.

Tanzanie : gisement d'Helium
Tanzanie : gisement d'Helium © Radio France
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