C’est non. Deux des ministres de Benjamin Nétanyahou l’ont dit hier : l’actuel gouvernement israélien ne gèlera pas le développement des colonies en Cisjordanie, malgré la demande, claire, précise et réitérée que lui en ont fait Barack Obama et sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. C’est non, mais cela compromet-il la volonté des Etats-Unis d’imposer un règlement négocié fondé sur la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ? On pourrait le craindre car, sans gel de la colonisation, il sera difficile de relancer et, plus encore, conclure, des négociations israélo-palestiniennes mais cette intransigeance du gouvernement Nétanyahou n’a, en fait, pas que des inconvénients pour le président américain. En le mettant en conflit ouvert avec Israël, elle lui permet, d’abord, de démontrer qu’il a bel et bien rompu avec le soutien inconditionnel des Etats-Unis à son allié israélien et de s’affirmer en arbitre neutre, pas plus acquis à un camp qu’à l’autre mais à la paix. A quatre jours de son discours du Caire, cela ne lui en donne que les coudées plus franches pour formuler d’autres exigences, vis-à-vis des Palestiniens et du monde arabe. Non seulement ce n’est pas une mauvaise position de départ pour Barack Obama mais Benjamin Nétanyahou ne pourra pas éternellement s’opposer à lui alors que le Congrès soutient la Maison-Blanche sur la question de la colonisation et que les Etats-Unis disposent de moyens de pression considérables sur Israël qui ne peut pas se permettre un conflit durable avec son principal soutien sur la scène internationale. Ce « non » israélien n’est pas déterminant mais cela ne signifie pour autant pas que Barack Obama pourra gagner son pari car il se heurte, pour l’instant, à une autre intransigeance, côté palestinien. Maître de la Bande de Gaza, seul territoire palestinien entièrement évacué par Israël, les islamistes du Hamas persistent, pour l’heure, à refuser tout accord de paix définitif avec Israël qu’ils ne veulent pas reconnaître et ne sont pas prêts, surtout, à céder sur le retour des réfugiés, ou plutôt de leur descendance, dans ce qui est devenu l’Etat israélien. Ils ne veulent pas que les réfugiés ne puissent revenir que dans la future Palestine. Ils veulent qu’ils puissent s’installer partout où leurs aïeux vivaient, demande rigoureusement inacceptable pour Israël et que les Etats-Unis ne sont nullement prêts à soutenir. Un problème, ça va. Deux, cela devient plus compliqué mais, en réalité, la vraie difficulté n’est pas non plus là car, le Hamas ne peut pas, en plus, s'en tenir à sa propre intransigeance sans soutiens extérieurs. Tant que ceux de la Syrie et de l’Iran lui sont assurés, il peut ne pas bouger mais, du jour où ces deux pays se rapprocheraient des Etats-Unis, il devra composer et, dès lors qu’il le ferait, il se trouverait une majorité israélienne pour accepter la solution à deux Etats. La clé n’est ni à Gaza ni à Jérusalem. Elle est à Téhéran où les intentions du régime ne se clarifieront qu’après la présidentielle de la semaine prochaine.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.