Où l'on voit Vladimir Poutine avancer de nouvelles idées sur l'Europe et la Syrie...

Vladimir Poutine avance de nouvelles idées sur l'Europe et la Syrie
Vladimir Poutine avance de nouvelles idées sur l'Europe et la Syrie © AFP / Sputnik Photo Agency

Dans cette interview, il y a de tout et même, entre les lignes, deux esquisses d’ouverture.

Vladimir Poutine prend de grandes libertés avec la vérité

Lorsqu’il affirme hier, dans le Figaro, que la crise ukrainienne ne serait qu’un simple problème de décentralisation des pouvoirs, on en reste bouche bée. Lorsqu’il dit que « la Russie n’a jamais fait de hacking » et que les accusations d’ingérence du Kremlin dans les présidentielles américaine et française n’auraient donc aucun fondement, on ne sait plus s’il faut en rire ou s’en indigner mais…

Bon. La Raison d’Etat impose souvent les plus grands mensonges car, en politique, péché avoué n’est pas à demi pardonné et l’important est, en conséquence, ce que dit le président russe de la Syrie et de l’Europe - du continent Europe.

La Syrie

Sur la Syrie, Vladimir Poutine présente les quatre « zones de désescalade » dont il prône l’instauration depuis plusieurs semaines non plus comme une simple mesure de limitation des combats mais comme un premier pas vers une fédéralisation du pays.

Il n’emploie bien sûr pas ce mot mais on n’entend que lui car il décrit ces zones comme disposant de « frontières géographiques » et « d’institutions décentralisées » ayant « leurs liens avec le monde extérieur » et devant aspirer « à des coopérations ne serait-ce qu’élémentaires » avec « les autorités officielles de l’Etat ».

Dans toutes les langues, ça s’appelle un fédéralisme et c’est d’autant plus marquant que Vladimir Poutine parle de la création de ces zones comme devant précéder une réconciliation politique, l’adoption d’une nouvelle constitution et l’organisation d’élections que Bachar al-Assad, dit-il plus loin, pourrait ou non gagner.

C’est neuf. C’est même capital car la seule voie pouvant mener à un règlement syrien est une solution fédérale, celle que toutes les composantes de ce pays et tous les pays de la région pourraient finir un jour par accepter.

L'Europe

Pour ce qui est, maintenant, du continent Europe, c’est plus vague, moins concret, mais il est frappant que Vladimir Poutine exprime là une nostalgie pour les idées, avancées au moment de l’éclatement soviétique, d’un nouveau système de sécurité européen incluant les Etats-Unis et la Russie et permettant une coopération économique entre la Fédération de Russie et l’Union européenne.

Le président russe laisse clairement entendre qu’il faudrait, à ses yeux, en revenir à ces idées abandonnées.

En creux, il écarte l’hypothèse qu’il ne voudrait ainsi qu’éloigner l’Union des Etats-Unis puisque la démarche qu’il voudrait reprendre inclurait les Américains. Sur le modèle de celui qui avait été conclu aux temps de l’URSS et de la Guerre froide, c’est la négociation d’un nouvel accord sur la sécurité et la coopération en Europe qu’il paraît proposer.

Ce n’est pas neutre.

C’est d’autant plus à explorer qu’au passage, Vladimir Poutine se félicite de « la vision très pragmatique » des relations internationales qu’il aurait constatée chez Emmanuel Macron et des « points de convergence » qu’il aurait avec lui.

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