Dans moins de deux moins les Catalans voteront mais l'issue de ce scrutin demeure imprévisible

La certitude est que les Catalans voteront. Ils le feront dans un peu moins de deux mois, le 21 décembre. Ils le feront lors d’un scrutin régional organisé par l’Etat espagnol et d’où sortiront le nouveau Parlement puis le nouveau gouvernement et le nouveau président de la Catalogne.

        C’est une certitude puisque le président déchu par Madrid, l’indépendantiste Carles Puigdemont, a relevé hier, de Bruxelles où il était encore, ce « défi démocratique » - ce sont ses mots - et que tous les partis catalans, les indépendantistes comme les autres, ont accepté ce scrutin ou s’apprêtent à le faire. 

        Indépendance ou pas, ce sont ainsi les électeurs qui auront à trancher mais là s’arrête la certitude car, pour le reste, la crise catalane n’est plus qu’incertitude. 

        Première question : quels seront les résultats de ce vote ? 

A en croire le dernier sondage en date, ils devraient être favorables à l’indépendance puisque ses partisans paraissent en progression à près de 49% des inscrits contre 43,6 % pour le maintien dans l’Espagne. 

Si les urnes confirmaient demain cette photographie du moment, ce serait le triomphe des indépendantistes et la complète défaite du Premier ministre Mariano Rajoy que Carles Puigdemont a déjà sommé d’accepter, dans tous les cas, la volonté des électeurs comme lui-même s’est engagé à le faire. 

Aujourd’hui gagnant puisque la suspension de l’autonomie catalane s’est déroulée sans heurts et que les élections qu’il organise auront bien lieu, le Premier ministre risque en fait gros mais on est à huit semaines du vote, une éternité durant laquelle l’opinion catalane peut se retourner, soit en maintenant ou accentuant l’actuelle avance des indépendantistes, soit en les désavouant.

Cela dépendra de deux choses, de deux inconnues, qui sont la crédibilité, premièrement, que les indépendantistes sauront ou non donner à leur programme et, deuxièmement, l’avenir des poursuites judicaires que le gouvernement espagnol a décidé d’engager contre Carles Puigdemont et ses ministres. Si des mandats d’arrêt étaient maintenant lancés contre eux, les indépendantistes auraient beau jeu de dire qu’on veut les faire taire avant de faire parler les urnes. Cela se retournerait sans doute contre l’unité espagnole mais il serait difficile à Mariano Rajoy de ne pas laisser la loi s’appliquer alors qu’il agit en son nom. 

C’est une longue partie d’échecs qui s’est ouverte mais l’on peut avancer trois hypothèses. A moins de 30% voire même de 40% des voix, l’indépendance de la Catalogne sera remise aux calendes grecques. A plus de 40%, de dures négociations s’imposeraient. Majoritaire, à plus de 50% des suffrages exprimés, on voit mal comment l’indépendance ne deviendrait pas réalité.  

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