C’est un chef d’Etat qui parle, d’un Etat qui n’existe pas encore et dont il ne contrôle, bien faiblement, que la moitié du territoire mais que dit le Président de l’Autorité palestinienne ? Dans une interview accordée vendredi à l’AFP, Mahmoud Abbas déclare catégoriquement que la Conférence internationale convoquée pour novembre par les Etats-Unis – le 15 novembre, précise-t-il – jettera les bases d’un règlement définitif, qui devrait être signé dans les six mois suivants. « La réunion de novembre, dit-il, devra définir les principes fondant les questions du statut final (et) les négociations sur les détails commenceront ensuite, pour parvenir à un traité de paix selon un calendrier qui ne devrait pas excéder les six mois ». C’est clair. C’est net mais est-ce, pour autant, crédible ? Un peu plus de gens le croient qu’il y a dix jours encore, notamment la diplomatie française. Longtemps sceptique, la presse israélienne accorde maintenant un certain crédit aux pourparlers en cours entre le Premier ministre israélien et le Président palestinien qui ont, d’ailleurs, un nouveau rendez-vous, mercredi, à Jérusalem. Ces discussions ne sont aujourd’hui plus regardées comme obligatoirement vouées à l’échec pour la bonne raison que les signaux positifs se multiplient. Longtemps en question, la participation de l’Arabie saoudite à la Conférence de novembre semble de plus en plus probable. Mahmoud Abbas la tient pour acquise. Le ministre saoudien des Affaires étrangères vient de déclarer qu’on avait « le sentiment que quelque chose de nouveau se passait » et que « c’était encourageant si cela se confirmait ». « Nous attendons de voir, a-t-il ajouté, mais ce que nous entendons, les déclarations selon lesquelles l’échec n’est pas une option et l’intention est d’examiner les questions du statut final, les questions importantes et non pas périphériques, c’est cela que nous avons toujours demandé ». Jamais un responsable saoudien de si haut rang ne s’était montré aussi optimiste et il semble, parallèlement, que la Syrie et le Liban pourraient aussi participer à cette Conférence à laquelle toutes les grandes puissances devraient également être représentées. Le conditionnel s’impose. Rien n’est encore officiel mais le fait est qu’il n’y a pas de recul sur la voie du rendez-vous de novembre, que des groupes de travail israélo-palestiniens planchent, en ce moment même, sur Jérusalem, les frontières et la question des réfugiés et que, ce même vendredi, à la Tribune des l’Assemblée générale des Nations Unies, Mahmoud Abbas a appelé le monde à « saisir l’occasion de réaliser la vision des deux Etats », israélien et palestinien. Cette « occasion », c’est la volonté des régimes arabes de tourner la page d’un conflit qui nourrit le radicalisme islamiste, la crainte des Israéliens et de Mahmoud Abbas de voir le Hamas mettre la main sur la Cisjordanie après Gaza et le désir de Georges Bush d’effacer le désastre irakien. Rien n’est fait, bien sûr, mais la peur est, parfois, bonne conseillère.

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