La Syrie, on ne sait pas mais l’Ukraine… peut-être. La chancelière allemande et les présidents russe, français et ukrainien se retrouvent demain, à Paris, pour faire le point sur l’application des accords de Minsk et, à en croire ce qui se dit à Moscou, tant du côté russe que dans les milieux diplomatiques, les choses pourraient avancer.

Il y a eu des retraits d’armes lourdes. Le front est à peu près calme. Les séparatistes pro-russes semblent vouloir s’abstenir de tout geste provocateur et les discussions préparatoires à ce sommet se déroulent aussi bien que possible, c’est-à-dire pas trop mal.

Dans la mesure où la complète entrée en vigueur des accords de Minsk n’est prévue que pour la fin décembre, ce sommet ne sera pas conclusif mais il n’est plus exclu qu’il marque une détente ouvrant alors la voie à un vrai compromis qui permettrait une levée des sanction économiques que l’Union européenne a prises contre la Russie et des contre sanctions infligées à l’Union par Moscou. Ce serait l’intérêt de tous et, d’abord, des Ukrainiens alors, oui… peut-être.

Pour ce qui est de la Syrie, c’est en revanche beaucoup plus ambigu.

Ce n’est pas seulement que les premières frappes aériennes russes ne visaient pas hier les jihadistes de Daesh mais des positions d’autres mouvements de l’opposition, ceux-là mêmes avec lesquels un accord de paix devrait être recherché. C’est surtout qu’en annonçant ces frappes à son peuple, Vladimir Poutine s’est posé en indéfectible allié de Bachar al-Assad et que le seul compromis auquel il ait fait allusion est la négociation de réformes politiques entre le pouvoir syrien et l’opposition qu’il tolère.

Ca ou rien, c’était la même chose mais le fait est pourtant, en même temps, qu’il y a un abîme entre ce que les dirigeants russes disent publiquement de cette crise et la manière dont ils l’abordent en privé.

En privé, ils expliquent que l’armée et le régime syriens sont au bord de l’effondrement, que Damas pourrait tomber dans le mois qui vient, que la région de Lattaquié, le berceau de la minorité alaouite à laquelle appartient le clan Assad, est presque autant menacée et que leur intervention militaire relève ainsi de l’urgence absolue.

Très bien leur dites-vous, mais après ? Eh bien après, répondent-ils, ce sera la deuxième étape dans laquelle il faudra que tout le monde discute avec tout le monde et notamment avec les pays sunnites et avec l’Iran que l’accord sur le dossier nucléaire fait maintenant revenir dans le jeu international.

Toujours très bien, parfait, mais ensuite ? Quel sera l’objectif de la Russie dans cette deuxième étape ? Les yeux des dirigeants russes se lèvent au ciel et, dans toutes les langues du monde, la réponse est qu’à chaque jour suffit sa peine. Simplisme en public, subtilité en privé, il y a deux discours à Moscou, totalement différents et seul le temps permettra de savoir lequel il fallait croire.

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