Pour ses 70 ans, la Chine communiste a de quoi célébrer ses réussites, mais a aussi de quoi s’inquiéter, entre la fronde de Hong Kong et les tensions internationales qui ravivent les rivalités de clans au sommet.

Réception à Pékin, présidée par Xi Jinping, en l’honneur du 70ème anniversaire de la proclamation de la République populaire de Chine par Mao Zedong.
Réception à Pékin, présidée par Xi Jinping, en l’honneur du 70ème anniversaire de la proclamation de la République populaire de Chine par Mao Zedong. © AFP / Huang Jingwen / XINHUA

Dans quatre ans, le régime communiste chinois aura duré plus longtemps que celui de l’Union soviétique, disparu corps et âme en 1991, le cauchemar des dirigeants de Pékin. Plus confiants, ceux-ci mettent le cap sur 2049, l’année du centenaire de la proclamation de la République populaire par Mao Zedong, du haut de la Porte de la paix céleste. D’ici là la Chine se voit en première puissance mondiale, qu’elle considère comme un juste retour historique pour l’ancien Empire du Milieu.

Ce soixante-dixième anniversaire ne devrait donc être qu’une étape dans cette ascension glorieuse. Et, de fait, il y aurait beaucoup à célébrer pour un pays hier misérable, qui a fait sortir des centaines de millions de ses habitants de la misère, a bâti des infrastructures impressionnantes, et posé un module sur la face cachée de la Lune…

Pourtant, derrière la façade imposante du défilé militaire d’aujourd’hui et le décorum immuable des anniversaires où flotte le drapeau rouge, se cache une sourde inquiétude.

La Chine vit un paradoxe, qui est en partie de son fait. Sous l’égide de son nouvel « empereur », Xi Jinping, le régime chinois a établi une autorité de fer sur la plus grande population du monde, 1,4 milliards d’habitants. 

Et de fait, si toute velléité dissidente a été écrasée, il n’en demeure pas moins qu’une bonne partie des Chinois reconnaissent que leur vie est meilleure, et que le prestige de la Chine a grandi. Ce mandat céleste d’un type nouveau, doublé d’un culte de la personnalité aux relents maoïstes, vaut à Xi Jinping une popularité bien réelle.

Mais c’est aux marches de l’empire que les choses se gâtent. Aux Xinjiang, la province la plus à l’ouest, où plus d’un million de membres de la minorité musulmane Ouigour est placée en camps de rééducation, ou au Tibet, tout sauf stabilisé.
 

Mais c’est Hong Kong qui est aujourd’hui le vrai cauchemar de Xi Jinping ; Hong Kong où la fronde violente de la jeunesse sonne comme un défi permanent lancé à Pékin. Le pouvoir central a perdu le contrôle, non pas du territoire, mais des esprits des Hongkongais qui ne veulent pas devenir des Chinois comme les autres.

Dans un système qui contrôle l’information à 100%, la population chinoise adhère à la version officielle de la déstabilisation par l’Occident. Mais à l’intérieur du régime, les rivalités de clans se réveillent après avoir été assommées par le rouleau compresseur Xi Jinping.

Le numéro un chinois, à qui tout réussissait, se retrouve à devoir se défendre d’avoir réveillé la puissance américaine en affichant trop vite les ambitions chinoises ; de ne pas avoir su éteindre assez vite l’incendie de Hong Kong ; et d’avoir par là-même compliqué la reconquête de Taiwan.

Ces tensions sont inévitables vue la vitesse avec laquelle s’est affirmée la nouvelle puissance chinoise. Mais il est à craindre que le pouvoir communiste soit plus tenté par la rigidité que par la souplesse, c’est plus dans sa nature. Même à 70 ans. 

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