C’était le secret des secrets mais une fuite, un ballon d’essai lancé dans le New York Times, vient de l’éventer. Le 6 septembre prochain, samedi, le sénateur Clinton, Hilary Clinton, la femme de l’ancien président, réunit ses sondeurs, ses conseillers et ses spécialistes du fund raising, de la levée de fonds, pour peser les pour et les contre d’une candidature présidentielle. Jusqu’à ces dernières semaines, Hilary Clinton avait catégoriquement écarté cette hypothèse car elle était convaincue, comme la plupart des Américains, que Georges Bush serait, à coup sûr, réélu. Elle voulait donc préserver ses chances pour 2008, le tour d’après, mais le chaos irakien bouleverse désormais la donne politique. Avec un taux d’approbation de 55%, la popularité de Georges Bush reste élevée mais, outre qu’elle a dégringolée depuis que la paix s’avère plus meurtrière que la guerre, l’opinion américaine est de plus en plus inquiète de la tournure que cette aventure prend. Quarante sept pour cent des Américains, contre 42%, estiment aujourd’hui que les événements sont en train d’échapper au contrôle des Etats-Unis. Soixante neuf pour cent d’entre voudraient maintenant, contrairement à Georges Bush, que les rênes irakienne soient passées aux Nations-Unies et l’Amérique, depuis la semaine dernière, se partage en deux, 47% contre 47%, entre ceux qui continuent d’approuver cette intervention et ceux qui, finalement, la réprouvent. L’opinion se retourne. Plus l’insécurité s’accroîtra en Irak, plus de soldats américains y trouveront la mort, plus le mouvement s’approfondira et Hilary Clinton, la plus connue des personnalités démocrates, doit en conséquence se décider et vite car le calendrier des primaires est serré. L’Iowa et le New Hampshire votent dans la seconde quinzaine de janvier et ce sont les gagnants de ces deux premiers tests qui seront les mieux placés pour le jour décisif, le 2 mars, le « Super super Tuesday », au cours duquel se prononcent, d’un coup, la Californie, le Texas, l’Ohio, l’Etat de New York et huit autres Etats encore. Après cela, les jeux seront faits. Il faut, autrement dit, être en course dès janvier ce qui suppose de se porter candidat avant la fin de l’année, demain matin. D’où cette réunion de samedi, hâtivement décidée car si c’est l’un des neuf démocrates d’ores et déjà en lice qui l’emporte dans quatorze mois, en novembre 2004, soit il est réélu en 2008, soit il perd devant un Républicain mais, dans les deux cas, les ambitions d’Hilary Clinton sont repoussées jusqu’en 2012, bien tard, peut-être trop tard car les années Clinton appartiendront alors à un passé lointain et que la jeune femme d’aujourd’hui, belle, énergique, bénéficiant d’une grande aura intellectuelle aura atteint 65 ans. Le plus probable est que rien ne soit annoncé samedi mais, alors qu’aucun des démocrates déclarés ne recueillent, pour l’heure, plus de 20% des intentions de vote, Hilary Clinton en mobiliserait, elle, immédiatement le double, 37% à 48% suivant les sondages. En tout état de cause, cette élection ne sera pas qu’une formalité.

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