Tout conspire à nuire à Barack Obama. Depuis le printemps déjà, il se murmurait dans les capitales européennes qu’on ne voyait pas bien où il allait et que son conseiller pour la sécurité nationale ne s’imposait pas plus que sa secrétaire d’Etat, qu'il était mal entouré mais, bien plus grave, il parait, maintenant, échouer à lancer cette réforme de la couverture médicale qui devait être son grand œuvre intérieur. Face au lobbying des assureurs privés et aux Républicains qui crient au « socialisme », il n’a plus que très peu de chances de parvenir, dans le même temps, à réduire les dépenses de santé et à offrir une protection contre la maladie aux près de soixante millions d’Américains qui en sont dépourvus. Ce n’est plus qu’un mauvais compromis qui s’annonce, coûteux, mal bâti, et l’horizon s’assombrit, parallèlement, sur les fronts extérieurs. En Irak, les relations entre les communautés chiite, sunnite et kurde se tendent à nouveau. Les violences ont repris. Il n’est plus impossible que les Etats-Unis aient à se retirer sur fond de chaos alors même que les raisons de croire en une stabilisation de l’Afghanistan diminuent chaque jour. Là-bas, la participation à l’élection présidentielle a été aussi faible que les présomptions de fraude sont grandes. On ne voit plus bien qui pourrait ramener, sur quelles bases et comment, un semblant de paix dans ce pays et, ainsi affaibli par ses difficultés intérieures et le legs militaire de Georges Bush, Barack Obama risque d’avoir du mal à relancer le processus de paix israélo-palestinien et faire progresser les choses avec l’Iran. Cela ne signifie pas qu’il soit déjà échec et mat. L’histoire ne s’écrit pas en huit mois mais, bien au-delà de ce président, c’est la capacité des Etats-Unis à reprendre les commandes du monde qui apparaît au moins incertaine. C’est la première des interrogations de cette rentrée et la seconde est, évidemment, l’Iran, car ce régime est désormais en pleine crise. Il aurait fallu être aveugle et sourd, n’avoir ni vu l’ampleur des manifestations de juin ni perçu l’aspiration au changement qu’elles exprimaient, pour croire que tout rentrerait dans l’ordre à Téhéran mais ce n’est pas seulement que la rupture entre le pays légal et le pays réel est toujours plus patente ni que la rupture entre conservateurs et réformateurs est maintenant consommée. C’est surtout qu’au sein même du camp conservateur on se déchire publiquement entre ultras et réalistes, entre partisans de la manière forte et avocats d’un assouplissement interne et externe. La bataille est telle que Mahmoud Ahmadinejad, en ce moment même, essuie de violentes critiques au Parlement qui rechigne à investir son gouvernement. C’est la foire d’empoigne et la tension politique est si profonde que le Guide suprême, tout puissant maître du pays qui avait avalisé la fraude électorale, s’est démarqué des procès politiques organisés par son protégé et vient même de promettre justice à un père dont le fils a été assassiné en prison. Ce régime est tout simplement affolé. Ses évolutions marqueront sans nul doute, l’année politique.

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