Ultranationalistes, les membres du mouvement ukrainien Svoboda sont également russophobes, antisémites, homophobes, on en passe et des meilleures. Bien qu’ils aient essayé, ces derniers temps, de se refaire une façade, ce sont des néo-nazis, voire des nazis tout court, dont la violence est telle qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que ce soit eux qui aient tué hier, à Kiev, un policier et blessé près d’une centaine d’autres personnes dont des journalistes.

Massés dès le matin devant le Parlement, ils manifestaient contre l’examen d’un projet de loi accordant une autonomie aux régions de Lougansk et de Donetsk, celles qui sont aux mains des séparatistes pro-russes. C’est lorsqu’ils ont appris que ce texte était adopté à une large majorité, en première lecture, qu’ils se sont vraiment déchaînés et que l’un d’eux a lancé un engin explosif vers les policiers et provoqué ce carnage.

Le bilan est lourd mais cette scène ne doit pas faire oublier que ce groupe n’a obtenu que 4,7% des voix lors des dernières législatives, qu’il n’est pas l’Ukraine, contrairement à ce que martèlent la propagande russe et les amis occidentaux de Vladimir Poutine, et que c’est précisément à la majorité parlementaire et aux institutions ukrainiennes que Svoboda s’attaquait là.

Dans ce pays en guerre, un mort vient de s’ajouter aux 6800 autres recensés depuis le début de cette crise et le vrai drame est que les accords de Minsk signés en février dernier, n’ont fait que réduire l’intensité du conflit.

Il n’y a pas eu de nouvelles offensives des séparatistes soutenus par Moscou mais, en fait de cessez-le-feu, on compte plusieurs dizaines d’incidents quotidiens, jusqu’à une centaine parfois, et les groupes de travail mis en place pour concrétiser ces accords qu’Angela Merkel et François Hollande avaient eu tant de peine à arracher à Vladimir Poutine font quasiment du surplace.

Il y a deux raisons à cela. La première est que, si le président russe ne semble plus vouloir mettre la main sur de nouveaux territoires ukrainiens, il ne fait rien non plus pour calmer l’ardeur des séparatistes et leur imposer le respect du cessez-le-feu. Vladimir Poutine ne veut ni d’un retour à la normale car il est allé trop loin pour se déjuger ni d’une aggravation de la situation parce qu’il ne pourrait pas se lancer dans une conquête de l’Ukraine sans prendre de grands risques et que la dégradation de son économie est telle qu’il ne peut pas prendre en charge l’Ukraine orientale.

Pour l’heure, la Russie semble avoir choisi d’entretenir un « conflit de basse intensité » et l’Ukraine, de son côté, ne se hâte guère d’accorder une pleine autonomie à ses régions orientales car elle craint que cela ne revienne vite à en faire cadeau à la Russie. Il y aura prochainement de nouveaux pourparlers entre les dirigeants français, allemand, russe et ukrainien mais, tant que l’Union européenne et la Fédération de Russie ne s’attelleront pas à la recherche d’un accord de sécurité continentale, ce sera l’impasse.

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