Direction le Nicaragua qui s'enfonce dans petit à petit dans l'autoritarisme...

Une femme au Nicaragua devant une fresque représentant le président du pays : Daniel Ortega. 4 mai 2016.
Une femme au Nicaragua devant une fresque représentant le président du pays : Daniel Ortega. 4 mai 2016. © Reuters / Oswaldo Rivas

Et c'est un véritable crève-coeur pour tout ceux, comme moi, qui suivent de près l'actualité sudaméricaine et qui avaient tant mis d'espoir dans la vague des alternances de gauche de la 1ère décennie du XXIème siècle.

Une époque au cours de laquelle tous les anciens leaders de la gauche sudaméricaine, souvent pourchassés, voire torturés par des régimes dictatoriaux ou militaires parvenaient au pouvoir et mettaient en place des programmes sociaux exemplaires.

C'est le cas du Nicaragua où l'ancien leader sandiniste Daniel Ortega, une figure régionale de la résistance marxiste, a été élu à la loyale à la tête du pays en 2006, après avoir perdu 3 fois la présidentielle.

Le problème est venue immédiatement après : une fois installé au pouvoir, Daniel Ortega a commencé un travail de sape consistant à inféoder un à un les pouvoirs judiciaires et législatifs et à imposer une sorte de régime légal de parti unique.

Comment ça « imposer un régime légal de parti unique »...

Je vais vous donner un exemple : pas plus tard que vendredi dernier, le Conseil national électoral nicaraguayen a destitué les 28 députés de l'opposition. Le parlement est donc entièrement entre les mains du parti d'Ortega.

A priori, c'est légal. Sauf que le dit « Conseil national électoral » est composé de proches d'Ortega. De la même façon, Daniel Ortega a éliminé la limite de deux mandats présidentiels imposée par la constitution. Il peut être désormais être élu président à vie.

Si l'on ajoute à cela des portraits géants du cher leader dans tout le pays et une police chatouilleuse lorsque l'opposition manifeste, on a un pays qui doucement mais surement se dirige vers une sorte de dicta-molle – une dictature personnelle à apparence légale.

Est-ce qu'il s'agit d'un cas unique ou d'une tendance ?

C'est bien le problème : les dirigeants dits « de gauche » en Am. latine se soutiennent voire s'imitent. En l'occurence, Ortega n'a fait que suivre le cas vénézuélien où le président Nicolas Maduro s'enfonce dans l'autoritarisme à tendance militaire cette fois.

Lui aussi contrôle le pouvoir judiciaire et empêche ainsi l'opposition de légiférer depuis le parlement qu'elle contrôle. Il gouverne à coup de décrets : le dernier en date oblige les entreprises privées comme publiques à fournir un contingent de salariés.

Deviner pour quoi faire ? Pour les envoyer par période de 60 jours au champs ! Une mesure inspirée au mieux par la Révolution culturelle chinoise, au pire par les Khmers rouges cambodgiens. Bref, tout pour faire oublier la ruine de son pays.

Même topo en Bolivie où le président Evo Morales, qui a pourtant sorti des millions de ses compatriotes de la pauvreté, qui était l'espoir des Indiens aymara enfin parvenus au pouvoir par son intermédiaire après des siècles de relégation.

Eh bien Evo Morales, qui a perdu en février dernier, un référendum qui lui aurait permis de se représenter en 2020, parle déjà ouvertement de faire revoter le peuple bolivien, qui selon lui, a été trompé par les horribles médias de l'opposition.

Bref, de La Paz au Nicaragua en passant par Caracas, tous ces dirigeants dans lesquels beaucoup avaient placé des espoirs de de progrès s'enfoncent dans un autoritarisme, doublé d'un culte de la personnalité, qui ne peut que dégouter les démocrates.

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