26 navires neufs d'ici la fin de l'année, 280 vaisseaux de surface... La marine russe est de retour ! Enfin, c'est ce que voudrait nous faire croire Vladimir Poutine. Alors regardons en détail...

La marine russe est en pleine modernisation et Poutine veut le faire savoir. Parce qu'avant de faire la guerre, il faut faire savoir qu'on en a les moyens. C'est d'autant plus utile pour l'armée russe qu'elle n'a jamais eu une réputation de finesse technologique mais plutôt de robustesse. Plutôt les brise-glace que les frégates furtives.

Eh bien, au vu la dernière parade navale sur les rives de la Neva, à Saint Pétersbourg, et Kronstadt pour les plus gros d'entre les bâtiments de la flotte de la mer du Nord, c'est fini ! L'OTAN n'a qu'a bien se tenir, la marine russe est de retour, en force et en finesse.

C'est simple, à en croire l'ensemble des médias pro-russes dithyrambiques - pour être juste, pas plus ni moins que les nôtres lorsqu'on vend des rafales à l'Inde ou aux Emirats – la marine russe ajoutera cette année 26 navires tout neufs à ses 280 bâtiments.

Déconstruisons la "communication" russe

Il n'y a pas de raisons de traiter les annonces militaires russes autrement qu'avec une saine méfiance ! S'il y a bien un domaine dans lequel la propagande à un sens, c'est bien celui-là. Alors, si vous le voulez bien... Déconstruisons.

26 navires de plus donc. En fait, 6 tout au plus ! La Russie compte tout ce qui sors de ses arsenaux et est destiné à la marine dans la catégorie « neuf ». Même, par exemple, les vieux rafiots datant de Guerre froide et simplement repeints à neuf en cale sèche.

Ensuite, les fameux 280 bâtiments de la flotte russe ! Impressionnant ! Surtout lorsqu'on compare avec la Royale qui n'en compte que 80. Sauf que, c'est pareil, si vous comptez les canots de sauvetage comme bâtiments de surface, vous arrivez vite à ce compte.

Le pauvre Amiral Kuznietsov, unique porte-avions de la marine russe

J'exagère peut-être un peu ! Mais ce qui est vrai, c'est que les marins russes comptabilisent des vaisseaux hérités de l'Union soviétique et qui, grosso-modo, servent au mieux de pièce de rechange. Lorsqu'on regarde dans le détail, la marine russe possède, comme la France, un seul porte-avions !

Et encore, le pauvre porte avion Amiral Kuznietsov a plus connu de déboires que de victoires au combat. Il a été lancé 10 ans avant le Charles de Gaulle, 2 fois débaptisé et la marine russe n'a pas assez de pilotes entraînés pour y faire décoller les avions.

Même chose pour les frégates : la Russie en possède 6 vraiment récentes... comme la France. C'est logique d'ailleurs : la Russie et la France ont à peu près le même budget militaire : une soixantaine de milliards de dollars annuels.

Ce n'est pas le tout de posséder des vaisseaux neufs, encore faut-il les utiliser...

Prenez la flotte de la Mer Noire, par exemple. La plus prestigieuse, puisque c'est celle qui a hérité des efforts russes pour « accéder aux mers chaudes » et ce depuis... Allez... Au moins Pierre le Grand au XVIIIe siècle.

De 1991 à 2014, cette flotte n'avait reçu en dotation qu'un seul et unique vaisseau neuf ! Autrement dit, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Alors, toute propagande mise à part, sa remise à niveau à beau être spectaculaire et était surtout vitale !  

Mais le problème de la Russie est le même depuis... Allez... Au moins Pierre la Grand ! Pour sortir de la mer noire, il faut passer par le goulot des détroits contrôlé par... au minimum la Turquie ou la Grèce, c'est-à-dire l'OTAN. Même punition pour la Baltique !

La meilleure preuve de cette relative impasse stratégique est le surarmement de la Crimée depuis son annexion en 2014 : multiplication par deux des personnels militaires, partout des batteries de missiles : le vrai porte-avion de la flotte de la Mer noire, ça 

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