Une chance pour la paix ou beaucoup de bruit pour rien ? Devant cette offre arabe de reconnaissance d’Israël en échange de la création d’un Etat palestinien dans les Territoires occupés, les sceptiques ne manquent pas d’arguments. Faibles comme ils sont, font-ils remarquer, ni le Président palestinien ni le Premier ministre israélien ne sont en état ne faire accepter les concessions qu’un accord demanderait à chacune des deux parties. Pire encore, ajoutent-ils, rien dans la région ne pousse à l’apaisement, ni les surenchères iraniennes, ni la poussée générale des islamistes, ni les ambiguïtés de la Syrie qui pense, avant tout, à remettre la main sur le Liban. Ces arguments sont d’autant plus solides que les Israéliens sont eux-mêmes d’une prudence de chat car la population comme la classe politique a une vision extrêmement pessimiste de l’avenir des régimes arabes. Pourquoi irions-nous faire, se demandent-ils, des concessions décisives à ces régimes alors que beaucoup d’entre eux, tous peut-être, peuvent s’écrouler du jour au lendemain sous la double pression d’un mécontentement social et du développement des mouvements intégristes ? Pourquoi risquer, se disent-ils, de nous affaiblir alors que nous pouvons bientôt nous retrouver face à des pays dont les nouveaux dirigeants se retourneraient contre nous ? Les faits sont là. Rien n’incite, malheureusement, à des débordements d’optimisme mais les raisons d’espérer que les choses bougent sont pourtant solides et nombreuses. La première est que c’est précisément parce que la situation régionale est inquiétante que les régimes arabes, Israël et les Etats-Unis auraient tous intérêt à tourner aussi vite que possible la page de ce conflit afin de pouvoir relever ensemble les défis islamiste et iranien. Israël le souhaite depuis sa défaite de l’été dernier devant le Hezbollah libanais. C’est pour cela que la monarchie saoudienne a relancé cette idée de paix et les Etats-Unis n’auraient évidemment qu’avantage à remporter un succès au Proche-Orient alors que rien ne s’arrange en Irak et que tout se dégrade en Afghanistan. La deuxième raison d’espérer est que, dans leur extrême fragilité politique, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas n’ont guère d’autre moyen de rasseoir leur autorité que de se faire les artisans d’une négociation crédible. Troisième raison, enfin, de voir, malgré tout, une dynamique s’enclencher, les Israéliens sont chaque jour plus positifs. Leur frilosité des premières heures fait maintenant place à des déclarations plus ouvertes. « Changement révolutionnaire dans la perception d’Israël par le monde arabe », dit désormais Ehud Olmert en se déclarant prêt à rencontrer les dirigeants arabes - saoudiens en tête - qui seraient « surpris d’entendre, affirme-t-il, ce qu’il aurait à leur dire ». Dans un cadre international, une telle rencontre ne serait pas impossible. Le Secrétaire général de l’Onu y pense. Les optimistes n’ont pas forcément tort. > En raison de la campagne électorale, et comme depuis deux semaines, cette chronique sera absente de l’antenne demain et après-demain. Elle devrait reprendre, ensuite, son cours normal.

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