Barack Obama sait décidément ce qu’il veut. Après avoir très vite constitué son équipe économique, il vient, comme prévu, de confirmer les nominations qu’il avait arrêtées depuis une dizaine de jours aux postes clés de la défense et de la diplomatie. Hillary Clinton prendre bien le département d’Etat. Robert Gates, secrétaire à la Défense de Georges Bush, restera bien place et c’est bien un ancien commandant des forces de l’Otan en Europe, le général Jones, qui deviendra National security adviser, Conseiller pour la sécurité nationale auprès du futur président. Entouré de personnalités d’expérience, Barack Obama est d’ores et déjà prêt à gouverner, dès le 20 janvier, mais quel est le sens de ces nominations ? Pour ce qui est de l’ancienne Première dame, de son ancienne rivale dans les primaires, elle présente pour lui trois avantages. Son ralliement garantit que le clan Clinton n’utilisera pas son influence parmi les sénateurs et représentants démocrates pour contester, voire contrer, les décisions de la Maison-Blanche. En charge de la diplomatie, d’une politique étrangère définie par le président et dont elle vient, donc, d’accepter les grands axes, Hillary Clinton ne pourra pas non plus s’opposer aux tentatives d’ouverture envers l’Iran que Barack Obama veut lancer et qu’elle avait vivement critiquées pendant la campagne. Elle devra, au contraire, les conduire, les placer, par là, au-dessus de tout soupçon de naïveté et les faire avaliser par le Congrès. Son seul nom devrait, enfin, faciliter la relance des efforts de règlement israélo-palestinien car elle est aussi appréciée en Israël que Bill Clinton le reste parmi les Palestiniens en raison de son implication personnelle dans la recherche d’une paix juste, fondée sur la coexistence de deux Etats. L’homme qui se succèdera à lui-même au département de la Défense a, lui aussi, trois avantages. Longtemps patron de la CIA, universitaire de formation et spécialiste reconnu de la Russie, Robert Gates est apprécié des élus des deux partis qui lui font, a priori, confiance. Il pourra assurer une continuité au Pentagone alors que l’Amérique est engagée dans deux guerres et il incarne, surtout, le courant réaliste du parti républicain qui avait repris la main, depuis deux ans, contre les néo-conservateurs. Juste avant que Georges Bush ne fasse appel à lui pour remplacer Donald Rumsfeld, il avait cosigné un rapport préconisant les mesures qu’il a ensuite prises pour redresser la situation en Irak et appelant à chercher le dialogue avec l’Iran et la Syrie, comme Barack Obama veut le faire aujourd’hui. Ce n’est pas un adversaire que le président élu vient de recruter. C’est un homme qui a les mêmes approches que lui et qui va lui apporter la caution d’un républicain, connaissant tout du « politico-militaire ». Quant au général Jones, parfait francophone par parenthèses, sa longue carrière lui a permis de connaître aussi bien l’Europe que l’Asie et le Proche-Orient. Militaire accompli, c’est également une tête politique, habitué des missions diplomatiques et aussi apprécié des Européens que des Palestiniens.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.