C’est la question qui revient toujours, et de bien des côtés, dans le débat proche-oriental. « Et Gaza ? », finissent toujours par demander aussi bien les Israéliens les plus réticents à l’idée d’un accord de paix que tous ceux, aux quatre coins du monde, qui n'y croient pas car ils considèrent qu’un compromis israélo-palestinien restera éternellement impossible par la faute des uns, des autres ou de tous. « Et Gaza ? », disent-ils en faisant valoir que le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui contrôle cette bande de terre après en avoir chassé l’Autorité palestinienne en 2007, ne veut pas entendre parler d’une reconnaissance d’Israël et entend reconquérir l’ensemble des territoires qui constituaient la Palestine du mandat britannique avant son partage par l’Onu. « Et Gaza ? », font-ils valoir à ceux qui croient en la possibilité d’un compromis en expliquant qu’aucun traité n’aurait la moindre réalité sur le terrain dès lors que le Hamas persistera dans son refus de tout accord conclu entre Israël et l'autorité palestinienne et qu’il y aurait ainsi deux Palestine, la Cisjordanie en paix avec Israël, et Gaza qui ne le serait pas. L’argument paraît fort mais il vient d’être affaibli par une déclaration publique du chef du gouvernement islamiste de Gaza. Lors d’une rencontre avec des journalistes étrangers, Ismaïl Haniyeh a fait savoir, hier, que son mouvement accepterait tout accord de paix, même contraire à ses positions idéologiques, pourvu qu’il ait été approuvé par une majorité des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et de la diaspora consultés par référendum. S’il y a accord de paix négocié entre Israël et l’Autorité palestinienne et que cet accord rassemble une majorité de « oui » palestiniens, le Hamas s’y conformera et cette déclaration signifie deux choses. La première est que les islamistes, quoi qu’ils en disent, n’excluent pas que les négociations reprennent et aboutissent. La seconde est qu’ils savent que le compromis trouvé serait alors soutenu par leur peuple et qu’ils ont donc tout intérêt à ne pas s’enfermer dans un refus qui les marginaliserait. Il est possible que cette déclaration soit bientôt atténuée par des mises au point. Comme souvent, le Hamas peut bientôt rétropédaler en expliquant, pour des raisons internes, que son chef de file a été mal compris mais le message n’en est pas moins clair. L’argument Gaza vient de tomber car les islamistes, sans doute à regret, croient à la dynamique d’un compromis et s’y préparent. La question qui se pose plus que jamais est, donc, de savoir ce qu’attend le Premier ministre israélien. Il y aura bientôt un an et demi qu’il a accepté le principe d’un Etat palestinien. Il y a près d’un mois qu’il a obtenu des Etats-Unis la promesse de toutes sortes d’aide en échange d’une prolongation du gel de la colonisation qui permettrait la reprise des pourparlers. Le Hamas avoue maintenant sa faiblesse mais Benjamin Netanyahu ne parvient toujours pas à sauter le pas, à braver sa droite en la sommant d’accepter la paix ou d’avoir à se retirer de la coalition gouvernementale au profit des centristes. La paix dépend d’un homme et cet homme ne sait pas se décider.

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