Les principales figures de l’insurrection syrienne - non pas du tout de Daesh mais de l’opposition armée à Bachar al-Assad - se réuniront bientôt dans la capitale saoudienne. Ce devrait être au début de la semaine prochaine et l’objectif de cette réunion sera double.

Il s’agira d’arriver à un accord sur la composition d’une représentation unique de l’insurrection et de définir les positions que cette vingtaine de personnes serait chargée de défendre lors de négociations avec le régime.

Cette réunion ne sera pas facile. Les Saoudiens ont du mal à obtenir ne serait-ce qu’un consensus sur les personnalités qui devraient y prendre part mais les choses avancent et ces préparatifs sont, à eux seuls, le signe des profonds changements en cours dans la crise syrienne.

Non seulement l’insurrection accepte désormais l’idée d’un compromis avec le régime mais la feuille de route esquissée le 14 novembre dernier par la conférence de Vienne prend maintenant corps. Ce jour-là, les pays sunnites, les Européens et les Américains, tous ceux qui considèrent qu’il n’y a pas de sortie de crise possible sans départ de Bachar al-Assad, étaient parvenus à trouver un terrain d’entente avec ses défenseurs russes et iraniens.

Directes ou indirectes, toutes les parties à cette crise concordent aujourd’hui à souhaiter des négociations entre l’insurrection syrienne et le régime, la proclamation d’un cessez-le-feu, une modification de la Constitution garantissant la représentation de toutes les communautés syriennes et enfin, sous dix-huit mois au plus tard, des élections sous contrôle international auxquelles pourraient prendre part les quelques quatre millions d’exilés et réfugiés.

C’est sur ce socle commun que l’Arabie Saoudite, la grande puissance sunnite, prépare la réunion de l’insurrection qui est essentiellement sunnite elle aussi. On passe des mots aux actes et ce tournant vient d’être encore accentué par l’engagement que Vladimir Poutine a pris, jeudi dernier, devant François Hollande de ne plus bombarder celles des forces de l’insurrection qui ne sont pas liées au terrorisme.

Alors, question : est-ce qu'une sortie de crise s’amorcerait vraiment en Syrie ?

On aimerait pouvoir répondre que « oui » mais ce n’est ni « oui » ni « non ». C’est « peut-être ». C'est une possibilité dont personne n’aurait osé rêver il y a six ou huit semaines encore, une très fragile possibilité mais si réelle pourtant que la France et l’Allemagne réfléchissent déjà aux moyens d’associer les forces de l’insurrection à l’armée syrienne, à une armée qui ne serait plus aux ordres de Bachar al-Assad mais d’un gouvernement de transition, afin de lancer une offensive terrestre contre Daesh que soutiendraient alors les aviations étrangères.

On n’y est pas. L’insurrection reste à unifier. Le régime syrien fait tout ce qu’il peut pour tout saboter. Les Russes continuent de bombarder l’insurrection en prétextant de son imbrication sur le terrain avec des groupes djihadistes. Rien n’est fait, mais les choses avancent.

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