Côté démocrate, Bernie Sanders était entré dans la course avec à peine 10% des intentions de vote. Côté républicain, Marco Rubio n’en recueillait encore que 15% dimanche, dans le dernier sondage effectué avant la première des primaires, celle d’hier dans l’Iowa.

Ce sont pourtant ces deux hommes qui se détachent aujourd’hui dans la course aux investitures pour la présidentielle américaine de novembre prochain. Le premier est au coude à coude avec Hillary Clinton, avec la grande favorite démocrate, tandis que le second prend la troisième place chez les républicains avec quelques 23% des suffrages, talonnant Donald Trump qui est lui-même devancé par une figure de la droite religieuse.

Malgré le poids de l’argent, malgré ces spots télévisés qui imprègnent la campagne de simplismes, de démagogie et de calomnies les plus invraisemblables, malgré tout ce qu’il peut y avoir de consternant dans les batailles politiques américaines, les Etats-Unis continuent ainsi de surprendre par la vitalité de leur démocratie.

Les primaires avaient fait sortir de l’ombre et conduit jusqu’à la Maison-Blanche des candidats aussi improbables que Jimmy Carter, Bill Clinton et Barack Obama. Elles mettent maintenant en première ligne un homme qui se réclame - aux Etats-Unis ! - du socialisme démocratique, Bernie Sanders, et un jeune sénateur de Floride, fils d’immigrés cubains sans le sou, Marco Rubio, 44 ans, qui joue, lui, la carte d’un conservatisme social et modéré.

Il est bien trop tôt pour dire où les résultats de l’Iowa mèneront cette campagne mais ce qui pèsera lourd sur les prochaines primaires est que D onald Trump n’ait pas remporté, hier, la première place.

Toute la force de ce milliardaire qui était devenu, dans les sondages, le favori des républicains à force d’accumuler les énormités les plus insensées contre les musulmans et les immigrés d’Amérique latine avait été de paraître imbattable.

Il y avait une magie Trump dont il se prévalait car elle semblait irrésistible mais elle n’a pas marché devant les républicains de l’Iowa, très majoritairement religieux, qui n’ont pas apprécié que ce new-yorkais, un homme venu de Sodome et Gomorrhe, en soit à son troisième mariage avec des femmes toujours plus jeunes. Ils lui ont donc préféré un vrai conservateur, aussi religieux qu’eux, brandissant la Bible et puritain, Ted Cruz, sénateur du Texas et ennemi de tout compromis parlementaire avec les Démocrates.

Donald Trump est loin d’être hors jeu mais il aura du mal à ajuster sa campagne et remonter la pente. La bataille républicaine se recentre autour des deux courants traditionnels du parti conservateur, les religieux et le centre droit.

Fort de sa jeunesse et de sa modération, Marco Rubio peut attirer à lui beaucoup d’indépendants et de démocrates de droite. Il est devenu hier l’étoile montante de son camp et cela renforce Hillary Clinton car elle est beaucoup mieux placée qu’un socialiste, que Bernie Sanders, pour battre un républicain de ce genre-là.

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