Point d'interrogation sur le monde.

Chacun le sent, le ressent, le sait. Le monde n’est aujourd’hui plus qu’incertitudes, qu’une addition d’inconnues, mais détaillons pour mieux en prendre la mesure et, tiens, commençons par l’Allemagne.

Budget et commerce extérieur en excédents à nuls autres pareils, elle passe pour un îlot de stabilité politique mais depuis que la social-démocratie s’y est trouvée un nouveau candidat à la chancellerie en la personne de Martin Schulz, l’ancien président du Parlement européen, la réélection d’Angela Merkel en septembre prochain n’y est plus aussi totalement certaine. Normalement, oui, Mme Merkel devrait être réélue car la démocratie chrétienne reste largement en tête des sondages mais, en termes de popularité personnelle, Martin Schulz fait jeu égal avec elle et tout devient possible car, en Allemagne comme ailleurs, les électeurs aspirent à protester contre les inégalités sociales en sortant les sortants.

Un chancelier Schulz rebattrait les cartes en Europe en y faisant basculer l’Allemagne dans le camp des partisans de politiques de relance par l’investissement. Tout, et pour le mieux, peut aujourd’hui changer dans l’Union sauf… Sauf que plus personne ne sait où va la France avec une gauche qui se cherche, une droite en perdition et l’extrême droite en embuscade.

L’incertitude est encore plus grande à Londres où la Première ministre est contrainte à toujours plus se distancer de Donald Trump sur lequel elle avait compté pour réussir son Brexit en substituant les Etats-Unis à l’Europe.

Trois puissances européennes, trois points d’interrogation mais, comparée au reste du monde, l’Union est un roc de certitudes car… Allons à Moscou.

Il y a juste un mois, Vladimir Poutine y triomphait sur toute la ligne avec l’élection de son ami Trump, la reddition d’Alep et la constitution d’un nouvel axe proche-oriental entre la Russie, l’Iran et la Turquie. Tout souriait au président russe mais l’axe a du plomb dans l’aile car Ankara, Téhéran et Moscou divergent sur la Syrie. La Russie risque fort de s’embourber au Proche-Orient et l’ami américain parait maintenant plus pressé de murer les Etats-Unis que de faire front avec la Russie car cette idée n’enthousiasme pas plus le Congrès que ses propres ministres.

On sait encore moins où vont les Etats-Unis. C’est le plus grand des points d’interrogation car, si Donald Trump est remarquablement fidèle à ses propos de campagne, il l’est aussi à leur totale incohérence dont le meilleur exemple est sa politique chinoise.

Il veut amener Pékin à des concessions commerciales et multiplie pour cela les rodomontades vis-à-vis de la Chine mais a commencé par lui rendre un immense service en tuant dans l’œuf l’accord trans-pacifique qui avait été conçu pour isoler ce pays en fédérant l’Asie autour des Etats-Unis. Le trumpisme n’est, pour l’heure, qu’un grand n’importe quoi d’ego surdimensionné et la seule certitude du moment est que ce camp occidental qui avait été la colonne vertébrale du monde depuis 70 ans est en train de voler en éclats dans un chaos sans précédant.

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