Ce n’est qu’un hasard de calendrier mais qui dit toute l’incertitude de cette nouvelle année. Au moment même où tant d’interrogations pèsent sur la scène internationale et où il faudrait au monde des dirigeants à même de décider vite et audacieusement, trois pays clés entrent en campagne présidentielle.

La Russie vote le 4 mars, la France les 22 avril et 6 mai, les Etats-Unis le 6 novembre et seule la présidentielle russe paraît jouer d’avance. Majorité des suffrages ou pas, Vladimir Poutine a tous les moyens de se faire proclamer gagnant mais il est devenu si impopulaire qu’on ne sait pas s’il choisira de jouer de la corde nationaliste en faisant monter la tension avec les Occidentaux ou de s’en rapprocher, au contraire, afin de rassurer ses classes moyennes.

Pour ce qui est de la France et des Etats-Unis, l’unique certitude est qu’une réélection de Nicolas Sarkozy n’est pas plus à exclure que celle de Barack Obama. A Paris et Washington, le suspens va durer et les préoccupations de politique intérieure pèseront donc lourd sur ces présidents sortants comme elles pèsent déjà sur Angela Merkel car les législatives allemandes de 2013 ne s’annoncent pas favorables à sa majorité.

Regard fixé sur les sondages, les pilotes ont les mains liées alors que trois crises majeures menacent la stabilité internationale.

La première est celle de l’Europe. Elle vient de connaître, pendant les fêtes, une légère accalmie après que le dernier sommet européen a montré qu’à la seule exception de la Grande-Bretagne, tous les pays de l’Union étaient déterminés à faire front pour sauver la monnaie unique et redresser leurs économies mais rien n’est en fait résolu.

Les fonds de solidarité financière restent à mettre en place et les amendements aux traités à adopter. Une volonté politique s’est exprimée mais rien ne dit que les marchés ne continueront pas à faire monter les taux auxquels ils prêtent aux Etats et que l’Italie n’en sera pas ébranlée et toute l’Union avec elle. Plus inquiétant encore, le divorce s’accentue toujours plus entre l’Europe et les Européens et cela ne poussera pas ses dirigeants à accélérer la marche vers cette intégration plus poussée qui seule permettrait à l’Union de dépasser les difficultés qui l’assaillent.

La deuxième crise de l’heure est évidemment celle qui déchire la Syrie depuis mars. Sanglante, la répression n’y a aucunement raison des manifestations populaires et, plus dure cette épreuve de force, plus menace une guerre civile grosse d’une profonde et durable déstabilisation régionale. Il faut faire céder Bachar al-Assad mais la tempête européenne et les trois présidentielles ne sont pas propices à de vraies décisions.

Et puis il y a l’Iran.

C’est la troisième crise du moment car, confrontés à un rejet populaire et à des sanctions économiques de plus en plus lourdes, les dirigeants iraniens paraissent perdre la tête. Ils en sont à parler, maintenant, de bloquer le détroit d’Ormuz, ce détroit par lequel transite plus du tiers du commerce pétrolier mondial. S’ils en arrivaient vraiment là, c’est une situation de guerre qui s’ouvrirait.

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