Peut-être n’y croyez-vous plus. Sans doute en arrivez-vous à penser (et rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul) que l’actualité politique est si noire que tout espoir est remis à des jours meilleurs et pourtant...

Matteo Renzi
Matteo Renzi © Matteo Renzi © XianPix/Corbis - 2014

Prenez cette interview du président du Conseil italien, Matteo Renzi, publiée samedi par six quotidiens européens dont Le Monde . Moins de 40 ans, blue jean, col de chemise ouvert et manches retroussées, il explique fougueusement qu’il est là pour « quelques temps encore », que l’Italie est désormais stable et qu’il n’y a, non, rien d’étonnant à ce que les candidats du Parti démocrate, la formation de centre-gauche qui est la sienne, aient recueilli 41% des voix aux élections européennes car – ce ne sont pas ses mots mais toute la musique de son interview – il fait bouger les choses, ne mâche pas ses mots et sait ouvrir l’horizon.

matteo renzi
matteo renzi © © XianPix/Corbis

Arrivé au pouvoir il y a trois mois et une semaine, il peut se vanter d’avoir fait approuver par la Chambre une réforme du mode de scrutin, d’avoir mis en route une réforme de la Constitution, d’avoir d’ores et déjà engagé une réforme du code du travail et de préparer une réforme de la Justice qui sera présentée cet été, après que celle de l’administration sera devenue effective ce mois-ci.

Pour redonner confiance en la politique et ceux qui l’incarnent, il suffit autrement dit d’agir et de convaincre, par là, qu’on le peut, mais « quelle a été votre recette pour vaincre l’euroscepticisme ? », lui demandent ses intervieweurs. Réponse : « Il faut montrer les aspects les plus séduisants de l’Europe, faire rêver : Erasmus, le service civil, les Etats-Unis d’Europe qui restent mon horizon mais ce pari suppose, poursuit-il, que les gens s’intéressent de nouveau à la chose publique et que nous réussissions à nous donner des objectifs communs ».

Ce que Matteo Renzi dit là est tout simplement que les Européens ne pourront pas recommencer à croire en la construction européenne avant qu’on ne leur ait redonné foi en la politique et que cela se joue, d’abord, dans chacun des pays de l’Union. C’est juste. C’est vrai. C’est l’évidence même mais alors lui qui, pour l’heure au moins, redonne foi en leur avenir aux Italiens que propose-t-il à l’Union de faire ?

Des choses simples et parfaitement réalisables. Ses objectifs prioritaires sont « un programme et un agenda », avant tout en matière de lutte contre le chômage, mais aussi en matière d’énergie, de gestion des flux migratoires et de redéfinition des relations de l’Union avec la Russie et l’espace méditerranéen. Il précisera cela le 2 juillet devant le Parlement européen, lorsque l’Italie prendra la présidence semestrielle de l’Union, mais le message est clair. L’important n’est pas de se lancer dans des réformes institutionnelles.

Il n’est pas même de trouver un candidat de consensus pour la présidence de la Commission mais de définir des objectifs concrets, de passer à l’action et de montrer que les Européens sont mieux à même d’arriver à des résultats dans l’Union qu’en ordre dispersé.

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