Dans un monde politique israélien sans cesse plus médiocre, elle était l’exception. Avocate, mère de deux enfants et un temps analyste des services de renseignements, Tzipi Livni avait su faire de son parti centriste Kadima la première formation du pays aux élections de 2009. Il lui aurait alors suffi de s’allier aux partis religieux et à l’extrême-droite pour devenir Premier ministre. Elle aurait également pu former une coalition avec la droite du Likoud et jouer un rôle de premier plan.

Une brillante carrière politique s’offrait à elle mais cette femme venue de la droite a considéré que rien n’était plus important que de continuer à promouvoir la nécessité d’un accord de paix avec les Palestiniens auquel elle venait de travailler comme ministre des Affaires étrangères. Elle a donc préféré ses principes au pouvoir. Elle est restée dans l’opposition. Son parti lui en a tant voulu qu’il l’a évincée il y a un mois de sa direction et Tzipi Livni vient de démissionner hier de la Knesset, le Parlement israélien.

Elle l’a fait pour sonner l’alarme, pour dire qu’il « y avait une urgente nécessité à trouver un accord de paix avec les Palestiniens et le monde arabe », qu’Israël « vivait dans le cratère d’un volcan », que « l’existence d’un Etat juif et démocratique était menacée » et que « le vrai danger » était que les responsables israéliens « avaient la tête dans le sable ».

Il n’y avait rien là d’exagéré puisque l’image internationale d’Israël s’est dégradée comme jamais, que ce pays n’a pas su redéfinir sa politique face aux révolutions arabes, que son Premier ministre s’est mis à dos la Maison-Blanche et l’Europe, que le développement des inégalités sociales fracture son unité et que le maintien du système de la proportionnelle intégrale le rend ingouvernable en le mettant à la merci des petits partis.

C’est si vrai qu’une énième crise gouvernementale couve en Israël. Les partis religieux menacent de quitter la coalition si les jeunes orthodoxes étaient contraints de faire leur service militaire alors qu’ils en sont aujourd’hui dispensés. L’extrême-droite laïque veut au contraire que les religieux soient soumis à la loi générale. Les colons ne veulent pas entendre parler des démantèlements de colonies ordonnés par la Cour suprême.

Non seulement Benjamin Netanyahu ne tient plus son gouvernement mais obligé, comme partout, de couper dans les dépenses, il devrait bientôt annoncer des élections anticipées afin de se faire réélire avant que les protestations sociales ne reprennent de l’ampleur. Israël n’est plus dirigé et Mme Livni vient de prendre date.

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