Anthony Bellanger.

Super Tuesday oblige, vous vous êtes plongé dans le plan de guerre démocrate contre Donald Trump…

Comment faire pour battre la terreur blonde républicaine en duel ? La question se pose à tous les analystes politiques, sondagistes, démographes, sociologues et autres « pundits », ou spécialistes, qui entourent Hillary Clinton.

Cette question, ces « beautiful people » si propres sur eux, qui sont tous allés dans les meilleures universités et qui souvent vivent en vase clos entre Washington, New York, ou au pire Boston, n’en reviennent toujours pas de devoir se la poser.

Ils ne s’étaient préparés à ça. Ça, c’est donc Donald Trump et l’un de ses conseillers a trouvé une formule géniale pour résumer le problème : « Hillary est un supertanker en manœuvre qui va bientôt se faire aborder par des pirates somaliens. »

Elle qui est si brillante, si éloquente, si réactive et si inclusive, c’est à dire féministe, ouverte sur le monde, aimant la diversité sexuelle ou raciale, n’est équipée pour affronter un » clown sinistre et fanatique ». Je cite toujours.

Une fois le constat posé, quelle est la solution ?

D’abord et avant tout : cacher sa joie ! C’est objectivement compliqué pour Hillary Clinton qui, avec la perspective de devoir affronter Donald Trump voit même des Républicains se rallier doucement à son panache blanc. Heureusement, il y a Bill.

Depuis le début, alors que les conseillers riaient sous cape en regardant les clowneries de Donald Trump, il ne cessait d’expliquer que le match serait serré et qu’il ne fallait surtout pas baisser la garde.

Ensuite, po-si-ti-ver. La campagne trumpienne est entièrement négative, il faut donc pour Hillary parler de bonheur. Ça a commencé à se voir. La semaine dernière Hillary a déclaré que les Américains avaient besoin d’amour et de tendresse.

Enfin, il faut préparer la candidate au pire. Donald Trump a déjà prévenu qu’il allait s’attaquer vicieusement, « vicious », à la candidate démocrate en lui parlant des aventures sexuelles de Bill et de ses courriels privés.

Elle a donc déjà commencé des séances d’entrainement au débat à venir au cours desquels ses conseillers passent leur temps à l’insulter, hurler, lui opposer des arguments sexistes et ou salaces. Pour elle, c’est vraiment très dur.

Est-ce qu’ils n’en font pas un peu trop tout de même… ?

On n’en fait jamais trop avec Donald Trump. C’est en tous cas ce qu’on se dit côté démocrate. D’autant qu’il reste ce qu’on appelle les super PACS, ces groupes de soutien formés en dehors de la campagne officielle et richement dotés.

C’est à eux qu’il reviendra de faire passer des messages négatifs : Donald Trump trompe les ouvriers, c’est un milliardaire sans foi ni loi, un fils à papa, un noceur mondain, sans parler de son goût pour les robinets en or...

Bref, une baudruche qui se dégonflera à la première crise, incapable d’être le prochain « commander in chief ». Pour Hillary, c’est la meilleure attaque : depuis le 11/09, toutes les campagnes électorales se posent cette question.

Hillary, avait une sorte de déficit de crédibilité sur ce point et le fait d’être opposé à Donald Trump, qui ne fait pas différence entre une kalachnikov et un bazooka, comble cet éventuel handicap. Mais, encore une fois, CACHER SA JOIE.

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