Brexit, montée des partis europhobes, un président américain ambigu vis-à-vis de l’unité européenne… Quelles options pour l'avenir de l'Union Européenne ?

Et maintenant, pour l'Europe ? Jean-Claude Juncker, a tenté de répondre hier dans un Livre blanc.
Et maintenant, pour l'Europe ? Jean-Claude Juncker, a tenté de répondre hier dans un Livre blanc. © AFP / JOHN THYS

Et maintenant ? Non pas maintenant pour la France dont l’image internationale aura rarement été aussi consternante qu'aujourd’hui mais maintenant pour l’Europe, bientôt plus à 28 mais à 27, sitôt que la Grande-Bretagne s’en sera officiellement retirée.

En raison de ce Brexit mais aussi de la montée des partis europhobes, de l’ambiguïté du président américain vis-à-vis de l’unité européenne, du chaos au Proche-Orient, de la pression russe en Ukraine et des divisions entre ceux des Etats membres qui voudraient resserrer leurs rangs et ceux qui ne le souhaitent pas, c’est évidemment une grande question à laquelle le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a tenté de répondre hier dans un Livre blanc.

Les cinq options possibles pour l'Union selon Jean-Claude Juncker

  1. Ne rien changer, de ne faire ni plus ni moins en commun et de ne pas non plus toucher aux institutions actuelles.
  2. Réduire la voilure en recentrant l’Union sur le marché unique, sur une zone de libre-échange, et en abandonnant donc la majeure partie des grands acquis communautaire.
  3. En faire moins en commun, mais mieux, en se concentrant sur des sujets prioritaires et renonçant à l’ambition de progressivement unifier l’Union par ses lois, normes et réglementations.
  4. Marcher, clairement et décidément, vers un Etat fédéral et les Etats-Unis d’Europe.
  5. L’Europe à plusieurs vitesses, cette « Europe différenciée » qui a la faveur de Paris, Rome, Berlin, Madrid, Bruxelles, Luxembourg, La Haye et dans laquelle ceux qui veulent aller plus loin plus vite le pourraient sans que les autres ne soient obligés de les suivre ni ne puissent les en empêcher.

Officiellement, Jean-Claude Juncker n'a pas de préférence. il n’en affiche du moins pas.

Il se contente de présenter ces cinq options qui sont effectivement les cinq choix s’offrant à l’Europe puisque même les plus europhobes des Européens ne proposent pas de revenir sur le marché unique mais ce Livre blanc n’a pour autant rien de neutre.

Éviter de laisser l’Union en panne, faute d’unanimité

Son objectif est de pousser chacun des 27 à préciser ses positions et de conduite ainsi, sans drame, une fois fait le constat des divergences, à l’Europe différenciée.

La Pologne et la Hongrie, pour l’heure en tout cas, ne veulent pas aller vers une Europe politique ? Eh bien libre à eux mais libre également aux pays qui veulent investir en commun, bâtir une défense commune et harmoniser leur fiscalité et leur protection sociale de s’y atteler sans plus tarder plutôt que de laisser l’Union en panne, faute d’unanimité.

C’est ce que diront lundi, à Versailles, les dirigeants français, espagnol, allemand et italien et c’est sur cette voie que s’engagera l’Union le 25 mars à Rome, lors de l’anniversaire de son premier traité.

La France, un grand point d'interrogation

C’est la direction maintenant prise mais avec un grand point d’interrogation car nul ne sait plus aujourd’hui où va la France avec la division de sa gauche, l’éclatement de sa droite et une campagne présidentielle comme il ne s’en était jamais vu.

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