SPECIALE USA. Stéphane Paoli est en direct de New York pour les élections américaines du 2 novembre. 7H15-7H30 -Roger Cohen, éditorialiste au New York Times. -Diana Furchtgott-Roth, chef économiste au département du travail. 7H45-8H00 -Joseph Wilson, ancien ambassadeur des Etats-unis à Bagdad (sous Georges Bush père) et ancien membre du Conseil national de sécurité (sous Clinton). -Laurent Murawiec, chercheur français au Hudson Institute. 8H15 -Chronique de Bernard Guetta. 8H20 -Kenneth Weinstein, directeur général du Hudson Institute, ancien conseiller républicain de Bush père. -John Mason, professeur de Sciences Politiques à l'université William Patterson (NewJersey) et chercheur au département Europe de la New York University. Chronique de Bernard Guetta Bush ou Kerry, c’est dans une vingtaine d’heures, maintenant, qu’on saura. Le pronostic serait plus que jamais hasardeux mais le fait est que, depuis hier, les Démocrates se sont pris à espérer. A tort ou à raison, ils ont commencé à croire à leur victoire, sans trop oser le dire, timidement, car John Kerry semble, d’abord, avoir marqué des points dans les « swing states », ceux des Etats qui auront hésité jusqu’au bout entre les deux candidats et dont dépend aujourd’hui l’issue du scrutin. Ces Etats sont la clé du vote car le Président américain n’est pas élu au suffrage universel. Le vainqueur n’est pas celui qui remporte le plus de voix mais celui, fédéralisme oblige, qui dispose au soir du vote du plus grand nombre des voix attribuées à chacun des cinquante Etats en fonction de sa population. Qui est majoritaire dans l’un d’entre eux remporte toutes les voix de cet Etat et si l’on sait, par exemple, que la Californie votera Démocrate tandis que le Texas votera Républicain, si les jeux sont depuis longtemps faits dans beaucoup d’Etats, ils sont restés ouverts dans beaucoup d’autres, notamment en Ohio, en Floride et en Pennsylvanie. Là, la tendance était longtemps restée fluctuante mais John Kerry a paru, dans la dernière ligne droite, y prendre l’avantage. Si les bulletins de vote confirmaient aujourd’hui cette évolution, si Georges Bush était battu dans ces Etats balançant, la Maison-Blanche changerait de mains mais ce n’est pas la seule raison d’espérer pour les Démocrates. La deuxième est que la guerre d’Irak, le conservatisme de Georges Bush et le soutien que lui apportent les fondamentalistes protestants ont mobilisé les jeunes générations contre lui. Comme dans les années soixante, lors de la guerre du Vietnam, une génération politique est en train de naître aux Etats-Unis. Les jeunes se sont inscrits en masse sur les listes électorales et ces nouveaux électeurs, les sondages ne sont pas parvenus à les prendre en compte car ils n’ont pas de téléphone fixe, seulement des portables sur lesquels il est illégal de les interroger. Les jeunes électeurs pourraient bien, ce soir créer la surprise et les Démocrates ont une troisième raison d’espérer. La participation, généralement parlant, s’annonce nettement plus forte qu’il y a quatre ans. Dans ceux des Etats qui ont ouvert les opérations de vote avec plusieurs jours d’avance pour éviter les embouteillages devant les urnes, les électeurs ont très largement utilisé cette possibilité. Cette élection passionne l’Amérique et tout indique que cette mobilisation profite plus aux Démocrates qu’aux Républicains car les sondages effectués à la sortie des urnes donnent à clair avantage à John Kerry. Et puis, enfin, il y a on ne sait quoi dans l’air, comme une brise dans les voiles démocrates qui s’est levée depuis le premier des débats entre les deux candidats, lorsque l’Amérique a découvert en John Kerry un homme posé, déterminé, à mille lieux de l’indécis que dénonçait la campagne télévisée des Républicains. Tout cela fait-il une victoire démocrate ? Non mais les deux Amérique retiennent leur souffle. Le suspens durera jusqu’à cette nuit.

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