Y aura-t-il bientôt, très bientôt, de nouvelles crises, de nouvelles guerres peut-être, au Proche-Orient ? Verra-t-on au contraire des conflits s’apaiser, voire marcher, progressivement, vers leur fin ? Serait-il possible qu’on assiste, simultanément, à ces deux mouvements, de nouvelles crises en relayant d’autres qui s’estomperaient ? Réponse : on ne sait pas. Tout bouge tant, à chaque heure, dans cette région de tous les dangers que la multitude des faits désarme toute tentative d’analyse. Dans un pays, le Liban, les pro et les anti-syriens semblent avoir amorcé un rapprochement - conversations à Paris qui se poursuivront à Beyrouth et dont pourrait sortir le nom d’une personnalité consensuelle, acceptable par tous comme prochain Président de la République. Ce serait une grande nouvelle, marquant un assouplissement de la Syrie et de l’Iran. Ce serait un élément de détente régionale mais, au même moment, la situation se tend dangereusement au Pakistan, où le chef de l’Etat, le général Musharraf, est si fragilisé qu’il est tenté par l’instauration de la loi martiale tandis que, parallèlement, sur la frontière afghane, les combats entre l’armée et les insurgés islamistes liés au taliban afghans sont de plus en plus incertains. L’arc pakistano-afghan est menacé d’un embrasement général qui relativiserait beaucoup une éventuelle détente libanaise et le contraste est le même en Irak. Bonne nouvelle en Irak : pour le deuxième mois consécutif, le nombre de morts a décru en octobre, significativement cette fois-ci puisqu’il est tombé à 900 contre 2000 en janvier dernier. Les Américains semblent avoir marqué des points contre le terrorisme en augmentant leurs effectifs dans la région de Bagdad et en amenant, surtout, des tribus sunnites à rompre avec al Qaëda. C’est une première, peut-être un espoir, mais la tension est chaque jour plus vive à la frontière du Kurdistan irakien où la Turquie est prête à intervenir pour faire cesser les coups de main, sur son territoire, de l’organisation armée des Kurdes turcs, le PKK. Condoleezza Rice tente, aujourd’hui, de désamorcer ce conflit à Ankara. Georges Bush recevra, lundi, le Président turc mais cet imbroglio sera difficile à démêler. En Iran, parallèlement, tout devient indéchiffrable. Mahmoud Ahmadinejad, le président de la République, estime n’avoir pas besoin de discussions avec les Américains qui n’oseront pas, dit-il, intervenir contre son pays mais le chef de la diplomatie iranienne est, lui, prêt à des contacts avec Washington et la principale figure de la hiérarchie chiite, l’ancien Président Rafsandjani, vient de déclarer que la menace américaine contre l’Iran était, au contraire, « sans précédent ». La guerre des clans fait rage à Téhéran et les Américains, de leur côté, annoncent des sanctions unilatérales sous 15 jours alors même qu’ils participeront ce week-end, à Istanbul, à une conférence internationale sur l’Irak à laquelle prendront part ...les Iraniens. Pendant ce temps, les conversations israélo-palestiniennes se poursuivent, dans un scepticisme de moins en moins grand.

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