Habituelles dissensions européennes, cacophonie, dira-t-on, mais la réalité n’est pas cela. Avec des nuances, partant de ce qu’ils sont, des rapports très différents, surtout, que leurs pays respectifs entretiennent avec les Etats-Unis, c’est tous les dirigeants européens qui, désormais, souhaitent dissuader Georges Bush d’aller renverser Saddam Hussein. « Rien sans l’Onu », martèle Jacques Chirac, mais il le dit sans élever le ton pour que les critiques de la France ne masquent pas l’opposition de l’ensemble de l’Union. Gerhard Schröder multiplie, lui, les mises en garde, toujours plus nettes, car les liens de l’Allemagne et des Etats-Unis l’autorisent à le faire sans être récusé pour anti-américanisme. Quant à Tony Blair, il emploie tout le crédit dont la Grande-Bretagne bénéficie à Washington pour prôner un ultimatum de l’Onu à Saddam Hussein, manière de ne pas dire qu’il ne veut plus d’une action unilatérale des Américains. Ce n’est pas le risque militaire qui inquiète les Européens. Si Georges Bush sautait le pas, ses armées seraient assurées de la victoire mais, premier problème, perdu pour perdu, Saddam frapperait Israël pour transformer l’offensive américaine en guerre israélo-américaine contre un Etat arabe. Nul ne sait ce qui s’ensuivrait. Même si les régimes arabes n’en étaient pas immédiatement menacés, l’islamisme y puiserait de nouvelles justifications qui installeraient l’Islam arabe et l’Occident, les Etats-Unis mais aussi l’Europe, dans une hostilité durable. Ce serait d’autant plus grave qu’il y a, déjà, trop de volatilité dans l’air, au Proche-Orient, bien sûr, mais aussi dans toute l’Asie du Sud-Ouest, Inde, Pakistan, Cachemire, Afghanistan. Cette tension internationale est si inquiétante, tellement réelle, que les faucons américains y puisent leurs arguments. Les temps, plaident-ils ne sont pas à l’appeasement ; il faut agir, vite, maintenant, avant que les armes de destruction de masse ne protègent définitivement Saddam. Il faut agir, disent-ils, pour que la liberté irakienne suscite une contagion démocratique dans l’Orient arabe, favorise une relance des négociations israélo-palestiniennes et permette , aussi, de soustraire les approvisionnements pétroliers aux aléa saoudiens. Sur le papier, le raisonnement se tient mais dans la pratique ? Dans la pratique, il faudrait pour cela que l’Amérique soit prête à mettre en péril ses soldats pour épargner des civils irakiens, à assez investir en Irak pour en faire un aimant démocratique et à imposer à la droite israélienne une paix juste et durable. Georges Bush y est-il prêt ? Veut-il, en d’autre termes, faire respecter la force américaine ou identifier l’Occident, Europe et Etats-Unis, au respect des lois internationales, de l’équité sociale et de la démocratie, de ces principes qu’on ne peut, sans leur ôter tout crédit, brandir et oublier au gré des convenances ? Si la réponse allait de soi, l’Europe aurait tort. Il se trouve seulement que Georges Bush n’est ni Wilson ni Roosevelt, moins encore Jefferson. A vouloir façonner le monde par la force, l’Amérique choisirait l’aventure et le repli dont ses électeurs décideraient vite laisserait un chaos aux frontières de l’Europe. Habituelles dissensions européennes, cacophonie, dira-t-on, mais la réalité n’est pas cela. Avec des nuances, partant de ce qu’ils sont, des rapports très différents, surtout, que leurs pays respectifs entretiennent avec les Etats-Unis, c’est tous les dirigeants européens qui, désormais, souhaitent dissuader Georges Bush d’aller renverser Saddam Hussein. « Rien sans l’Onu », martèle Jacques Chirac, mais il le dit sans élever le ton pour que les critiques de la France ne masquent pas l’opposition de l’ensemble de l’Union. Gerhard Schröder multiplie, lui, les mises en garde, toujours plus nettes, car les liens de l’Allemagne et des Etats-Unis l’autorisent à le faire sans être récusé pour anti-américanisme. Quant à Tony Blair, il emploie tout le crédit dont la Grande-Bretagne bénéficie à Washington pour prôner un ultimatum de l’Onu à Saddam Hussein, manière de ne pas dire qu’il ne veut plus d’une action unilatérale des Américains. Ce n’est pas le risque militaire qui inquiète les Européens. Si Georges Bush sautait le pas, ses armées seraient assurées de la victoire mais, premier problème, perdu pour perdu, Saddam frapperait Israël pour transformer l’offensive américaine en guerre israélo-américaine contre un Etat arabe. Nul ne sait ce qui s’ensuivrait. Même si les régimes arabes n’en étaient pas immédiatement menacés, l’islamisme y puiserait de nouvelles justifications qui installeraient l’Islam arabe et l’Occident, les Etats-Unis mais aussi l’Europe, dans une hostilité durable. Ce serait d’autant plus grave qu’il y a, déjà, trop de volatilité dans l’air, au Proche-Orient, bien sûr, mais aussi dans toute l’Asie du Sud-Ouest, Inde, Pakistan, Cachemire, Afghanistan. Cette tension internationale est si inquiétante, tellement réelle, que les faucons américains y puisent leurs arguments. Les temps, plaident-ils ne sont pas à l’appeasement ; il faut agir, vite, maintenant, avant que les armes de destruction de masse ne protègent définitivement Saddam. Il faut agir, disent-ils, pour que la liberté irakienne suscite une contagion démocratique dans l’Orient arabe, favorise une relance des négociations israélo-palestiniennes et permette , aussi, de soustraire les approvisionnements pétroliers aux aléa saoudiens. Sur le papier, le raisonnement se tient mais dans la pratique ? Dans la pratique, il faudrait pour cela que l’Amérique soit prête à mettre en péril ses soldats pour épargner des civils irakiens, à assez investir en Irak pour en faire un aimant démocratique et à imposer à la droite israélienne une paix juste et durable. Georges Bush y est-il prêt ? Veut-il, en d’autre termes, faire respecter la force américaine ou identifier l’Occident, Europe et Etats-Unis, au respect des lois internationales, de l’équité sociale et de la démocratie, de ces principes qu’on ne peut, sans leur ôter tout crédit, brandir et oublier au gré des convenances ? Si la réponse allait de soi, l’Europe aurait tort. Il se trouve seulement que Georges Bush n’est ni Wilson ni Roosevelt, moins encore Jefferson. A vouloir façonner le monde par la force, l’Amérique choisirait l’aventure et le repli dont ses électeurs décideraient vite laisserait un chaos aux frontières de l’Europe. Habituelles dissensions européennes, cacophonie, dira-t-on, mais la réalité n’est pas cela. Avec des nuances, partant de ce qu’ils sont, des rapports très différents, surtout, que leurs pays respectifs entretiennent avec les Etats-Unis, c’est tous les dirigeants européens qui, désormais, souhaitent dissuader Georges Bush d’aller renverser Saddam Hussein. « Rien sans l’Onu », martèle Jacques Chirac, mais il le dit sans élever le ton pour que les critiques de la France ne masquent pas l’opposition de l’ensemble de l’Union. Gerhard Schröder multiplie, lui, les mises en garde, toujours plus nettes, car les liens de l’Allemagne et des Etats-Unis l’autorisent à le faire sans être récusé pour anti-américanisme. Quant à Tony Blair, il emploie tout le crédit dont la Grande-Bretagne bénéficie à Washington pour prôner un ultimatum de l’Onu à Saddam Hussein, manière de ne pas dire qu’il ne veut plus d’une action unilatérale des Américains. Ce n’est pas le risque militaire qui inquiète les Européens. Si Georges Bush sautait le pas, ses armées seraient assurées de la victoire mais, premier problème, perdu pour perdu, Saddam frapperait Israël pour transformer l’offensive américaine en guerre israélo-américaine contre un Etat arabe. Nul ne sait ce qui s’ensuivrait. Même si les régimes arabes n’en étaient pas immédiatement menacés, l’islamisme y puiserait de nouvelles justifications qui installeraient l’Islam arabe et l’Occident, les Etats-Unis mais aussi l’Europe, dans une hostilité durable. Ce serait d’autant plus grave qu’il y a, déjà, trop de volatilité dans l’air, au Proche-Orient, bien sûr, mais aussi dans toute l’Asie du Sud-Ouest, Inde, Pakistan, Cachemire, Afghanistan. Cette tension internationale est si inquiétante, tellement réelle, que les faucons américains y puisent leurs arguments. Les temps, plaident-ils ne sont pas à l’appeasement ; il faut agir, vite, maintenant, avant que les armes de destruction de masse ne protègent définitivement Saddam. Il faut agir, disent-ils, pour que la liberté irakienne suscite une contagion démocratique dans l’Orient arabe, favorise une relance des négociations israélo-palestiniennes et permette , aussi, de soustraire les approvisionnements pétroliers aux aléa saoudiens. Sur le papier, le raisonnement se tient mais dans la pratique ? Dans la pratique, il faudrait pour cela que l’Amérique soit prête à mettre en péril ses soldats pour épargner des civils irakiens, à assez investir en Irak pour en faire un aimant démocratique et à imposer à la droite israélienne une paix juste et durable. Georges Bush y est-il prêt ? Veut-il, en d’autre termes, faire respecter la force américaine ou identifier l’Occident, Europe et Etats-Unis, au respect des lois internationales, de l’équité sociale et de la démocratie, de ces principes qu’on ne peut, sans leur ôter tout crédit, brandir et oublier au gré des convenances ? Si la réponse allait de soi, l’Europe aurait tort. Il se trouve seulement que Georges Bush n’est ni Wilson ni Roosevelt, moins encore Jefferson. A vouloir façonner le monde par la force, l’Amérique choisirait l’aventure et le repli dont ses électeurs décideraient vite laisserait un chaos aux frontières de l’Europe.

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