Aujourd'hui Anthony Bellanger, vous avez choisi de revenir sur la situation en Cisjordanie et dans les colonies israéliennes

Oui, d'abord parce que l'horreur de la mort brûlé vif d'un bébé de 18 mois, il s'appelait Ali Dawabcheh, alors qu'il dormait dans sa maison de Douma, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, a frappé le monde entier par sa violence et sa barbarie.

J'ai donc voulu revenir sur ces fameuses colonies juives installées en Cisjordanie et dans la partie Est de Jérusalem. Combien sont-elles ? Comment sont-elles implantées et qui sont ceux qui ont commis cet assassinat épouvantable dans un village palestinien ?

Si l'on reprend le cas de Douma, la ville où a eu lieu l'attaque du 31 juillet. Il s'agit d'une petite ville palestinienne, peuplée de 2.200 personnes, non loin de Naplouse donc, mais relativement isolée. Enfin, si l'on veut : tout cela se passe dans un mouchoir de poche.

L'ensemble de la Cisjordanie, c'est 5 600km2, c'est-à-dire pour vous donner une idée, c'est un tiers plus petit que la Corse. La ville palestiniennes de Douma est entourée de colonies israéliennes dont, par exemple, Shilo, une ville de près de 3 000 habitants.

En clair, les attaquants de Douma ont eu tout le loisir de commettre leur forfait et de repartir sans être inquiétés.

Relance : qui sont ces attaquants ? Et surtout, seront-ils punis ?

A la question de savoir s'il seront punis, les chiffres parlent d'eux même : il y a en moyenne deux attaques par semaine commises par ces colons juifs sur l'ensemble de la Cisjordanie. Et ce depuis début 2015. Elles se sont donc multipliées.

Or près de 90% de ces attaques sont restées impunies. Soit par manque de bonne volonté de la police et de la justice israélienne, soit aussi à cause d'une sorte de loi du silence qui prévaut dans les colonies juives. On ne dénonce pas les siens.

Quant à savoir qui sont les assassins, tout montre qu'il s'agit d'ultrareligieux nationalistes juifs qui se sont donnés pour mission de déloger par la force et le terrorisme les Palestiniens de Judée – Samarie qui est le nom biblique de la Cisjordanie.

Ces ultrareligieux – ou ultraorthodoxes – sont certes peu nombreux, quelques centaines tout au plus mais ils sont particulièrement déterminés et, surtout, ils sont systématiquement situés aux avant poste de la colonisation israélienne.

Relance : il faut dire que les colons juifs ne sont pas tous des ultraorthodoxes.

Non, bien sûr. Il y a 700 000 habitants dans les colonies israéliennes de Jérusalem Est et de Cisjordanie. C'est-à-dire 10% de la population israélienne. La plupart d'entre eux, sont des familles plutôt modestes : habiter une colonie, c'est moins cher qu'ailleurs.

Or c'est important dans un pays qui compte 20% de pauvres, autant que la Grèce, mais où le logement, lui, est très rare et très cher. C'est d'ailleurs très malin, de la part du gouvernement israélien que d'avoir situé-là l'essentiel de ses logements sociaux.

Le but est toujours le même : rendre indémaillable la situation. Comment, par exemple, faire de Jérusalem Est la capitale d'un Etat palestinien si 350 000 Israéliens y vivent. Pour vous donner une idée, ils étaient 8 600 en 1972 !

La même politique de mitage s'applique à la Cisjordanie : les 300 000 colons israéliens vivent dans 121 villes et villages autorisés mais aussi dans une centaine non autorisés. Plus de 200 implantations de fait sur un territoire, je le répète, minuscule.

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