Une question en forme de droit de suite :

on avait laissé l'Espagne il y a quelques semaines, au lendemain du 26 juin et d'élections qui n'ont rien donné, ou si peu. Rappelons que c'était la 2e fois en quelques mois que les Espagnols votaient.

Un score meilleur que prévu pour la droite du 1er ministre Rajoy et une gauche en recul avec les socialistes affaiblis et Podemos, le parti des indignés de la Plaza Mayor, défait. Au centre, un parti faiseur de rois : Ciudadanos.

La logique voudrait donc que Mariano Rajoy forme un gouvernement avec Cuidadanos et obtiennent sinon l'appui des socialistes, du moins leur abstention pour au moins qu'un gouvernement puisse être formé et que l'on sorte de l'indécision.

La logique n'est pas au rendez-vous...

Je ne vous le fais pas dire  ! Pas moyen de s'en sortir : les socialistes ne veulent rien entendre : pas d'abstention et encore moins de soutien actif. Même pas de discussions : rien ! Les centristes, non plus : pas de vote pour, l'abstention peut-être.

En clair, Mariano Rajoy et ses 137 députés, un tiers du parlement, risque l'humiliation. La question est donc : y-a-t-il une alternative à gauche ? Non plus : les socialistes veulent bien des centristes mais pas de Podemos, qui a tout fait rater la dernière fois.

Quant à Podemos, ils viennent à peine de se remettre de leur défaite. Rappelez-vous, ils avaient cru aux sondages qui leur promettaient des lendemains d'élections radieux, les socialistes dépassés et des députés en veux-tu en voilà !

On se serait cru dans une fable de La Fontaine, avec les sondeurs dans le rôle du renard et Pablo Iglesias, leader de Podemos, dans celui du corbeau. Or on le sait bien : « tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute » et à la fin, il en perd son fromage.

Est-ce que ça veut dire que l'Espagne se dirige vers un 3e round d'élections ?

C'est en tout cas la menace qu'a brandi Mariano Rajoy hier. Il le peut d'autant plus aisément qu'à chaque fois, c'est son parti, la Parti populaire, qui a augmenté le nombre de ses députés.

Les autres sont piégés par leur promesse préélectorale de justement trouver une solution et ne pas obliger les Espagnols à retourner aux urnes. Pendant ce temps là, les nationalistes catalans boivent du petit lait.

L'incapacité des partis madrilènes à se mettre d'accord donne chaque fois plus de poids à leur volonté de s'éloigner de l'Espagne. Parce eux, ont réussi à se mettre d'accord, droite et gauche confondu sur un programme, l'indépendance, et une méthode, le référendum.

Mais quelle est la solution alors ?

Partons de l'hypothèse que les Espagnols ne revoteront pas : la seule chose qui met droite, socialistes et centristes d'accord c'est le NON au référendum catalan. On peu donc imaginer un front, non pas républicain mais monarchiste contre Barcelone.

Encore une fois, c'est en Catalogne que se situe la vraie fracture politique en Espagne. Tout les forces politiques sont prises au piège de cette seule et unique question : Doit-on ou non accepter que les Catalans votent pour leur indépendance ?

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